La colère au Tchad après la dégradation des peintures rupestres

Peintures du massif de l'Ennedi. Plusieurs Tchadiens appellent le département de la Culture à s’occuper d'autres sites historiques qui sont menacés de disparition.
© Unesco / Tilman Lenssen-Erz

Au Tchad, c'est ce lundi 20 mars que le ministère de la Culture compte déposer plainte contre X après les dégradations sur les peintures rupestres dans le massif de l'Ennedi. Ce site, situé dans le nord-est du Tchad, a été classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 2016. Dans l'opinion, la polémique enfle et on demande au-delà de la plainte de sanctionner ceux qui devaient assurer la protection du site.

Le ministre du Développement touristique, de la culture et de l'artisanat, Mahamat Saleh, a annoncé samedi qu’une plainte sera déposée en justice contre X, à l’effet de rechercher et juger ceux qui ont dégradé ce patrimoine de l’humanité, en peignant à la peinture à l’huile sur les parois rocheuses de l’Ennedi. En attendant les suites des affaires en justice, dans l’opinion, on se demande comment un site classé au patrimoine de l’humanité a pu se retrouver ainsi sans surveillance.

« Comment ces vandales ont pu avoir accès au site ? »

Brice Mbaïmon Guedmbaye, président d’un parti d’opposition demande qu’on aille au-delà des poursuites contre les supposés vandales : « Ceux qui sont censés protéger ce site, le ministre du Développement touristique, doit nous expliquer comment ces vandales ont pu avoir accès à ce site ? Donc aujourd’hui, on ne peut pas incriminer seuls les vandales qui sont entrés parce que, s’ils sont entrés dans ce site, ça veut dire qu’ils ont bénéficié d’une certaine complicité. Nous ne pouvons pas parler seulement d’une plainte contre X ».

S'occuper des autres sites historiques

Sur internet, plusieurs Tchadiens appellent le département de la Culture à s’occuper des autres sites historiques qui sont menacés de disparition, sans que cela n’émeuve parce que non inscrits au patrimoine mondial de l’humanité. Contacté par RFI, le ministre du Développement touristique dit ne pas avoir de commentaires à faire pour le moment.