Afrique du Sud: le gouvernement veut sévir sur l'immigration

Une femme dans un camp de réfugiés proche de Johannesbourg, en avril 2015. Des vagues de violences xénophobes ont secoué l'Afrique du Sud régulièrement l'année dernière, et se poursuivent aujourd'hui en toute impunité.
© MUJAHID SAFODIEN / AFP

L’Afrique du Sud célèbre ce mardi la journée des droits l’homme dans un contexte de tension vis-à-vis des étrangers. Depuis le mois dernier, il y a eu une résurgence de violences contre les ressortissants africains vivant dans le pays. Ces derniers sont régulièrement accusés d’être responsable de la criminalité, ou de prendre le travail des Sud-Africains. Le gouvernement a d’ailleurs décidé de modifier sa politique d’immigration. Et le ministre de l’Intérieur doit présenter cette semaine au cabinet une série de propositions - qui, si elles sont acceptées, iront au Parlement.

L’Afrique du Sud est en train de resserrer sa politique d’immigration. Le ministre de l’Intérieur ne cesse d’affirmer qu’il faut un équilibre entre une terre d’accueil et assurer la sécurité de la nation.

Parmi les changements proposés, la suppression du droit de travailler des demandeurs d’asile et la création de camps de rétention aux frontières.

Pour Jacob van Garderen de l’association Avocat pour les droits de l’homme, le pays a en effet besoin d’une nouvelle règlementation pour favoriser le déplacement des migrants dans la région. Mais les changements proposés sont trop restrictifs. « Le ministre de l’Intérieur propose la création de centre de rétention aux frontières, où les demandeurs d’asile seraient détenus le temps que leur cas soit examiné. Et le problème c’est qu’aujourd’hui, ce processus prend des années. Mais au-delà du problème de la durée de détention, nous sommes simplement contre toute détention, qui à notre avis n’est pas nécessaire et n’est pas rentable. »

Van Garderen ajoute que les chiffres sur lesquels s’appuie le gouvernement pour justifier sa politique sont erronés. Les autorités affirme fréquemment que le pays est envahis, que les frontières sont poreuses. Alors que selon le dernier recensement - il y a six ans - les étrangers ne représentent que 4% de la population.