Les droits de l'homme progressent peu à peu en Guinée

Des policiers et des manifestants dans une rue de Conakry, le 20 février 2017.
© CELLOU BINANI / AFP

Le ministre de la Justice et celui des droits de l'homme guinéens sont ce mardi devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour faire un point d'étape sur les réformes entreprises à Conakry pour réformer l'appareil judicaire et mettre un terme à l'impunité récurrente en Guinée. A cette occasion, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, l'organistion guinéenne des droits de l'homme et l'ONG « Mêmes droits pour tous » publient un rapport intitulé « Justice, réconciliation et réformes législatives ». Rapport équilibré qui souligne notamment les avancées entreprises ces dernières années.

Le chantier des droits de l'homme est immense à Conakry et beaucoup reste à faire. Mais les auteurs du rapport le soulignent, les autorités guinéennes ont pris un certain nombre d'engagements et s'attachent à les tenir.

La réforme de la justice par exemple. Les défenseurs des droits de l'homme saluent l'adoption d'un nouveau Code pénal en juillet dernier. La peine de mort a été abolie. Le droit guinéen s'aligne peu à peu sur les normes internationales. Sur le massacre du 28 septembre 2009, là aussi les avancées sont réelles, souligne le rapport. Et la Guinée se dirige vers un procès qui sera pour les défenseurs de droits de l'homme un moment historique.

La lutte contre l'impunité reste cependant imparfaite. En témoignent les récentes violences lors de la grève des enseignants. Elles ont fait huit morts. Et les rapporteurs rappellent qu'en Guinée aucune des enquêtes menées à propos des violences durant les manifestations n'ont débouché sur un procès.

Il est urgent enfin selon les rapporteurs de mettre en place cette fameuse Commission vérité et réconciliation pour examiner les crimes commis depuis l'indépendance. La condition première pour que la Guinée mette un terme à l'impunité et à la violence politique.