Syndicats étudiants au Bénin: la Cour constitutionnelle désavoue le pouvoir

Une rue du centre de Cotonou, la capitale béninoise.
© RFI/Aurore Lartigue

Au Bénin, la Cour constitutionnelle désavoue le gouvernement. Dans une décision du 16 mars, rendue publique en début de semaine, la Cour estime que le décret pris en octobre pour interdire les activités des syndicats étudiants est nul et non avenu, parce qu'il viole la liberté d'association. Sur le campus d'Abomey-Calavi, la grande université de Cotonou, c'est la satisfaction.

Depuis lundi, les étudiants en droit boycottent des cours introduits en pleine année. On n'avait pas vu ce genre de mobilisation depuis presque six mois. Sadikou se réjouit de la décision de la Cour constitutionnelle : « C’est la décision de la Cour constitutionnelle qui nous a donné cette force-là de s’opposer à la décision des autorités. C’est un grand soulagement, c’est un grand ouf que les syndicats puissent reprendre les activités. Je suis vraiment heureux. Au moins, les étudiants auront des défenseurs. Les étudiants n’ont aucun droit. Notre force c’est les syndicats ».

Dans leurs permanences, les responsables syndicaux sont déjà sur la brèche. Pour Prince Boris Aké, président de l'Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin, c'est une victoire : « Nous sommes très fiers du combat que nous avons mené. C’est une victoire pour la liberté d’association, c’est une victoire pour la démocratie. Nous sommes dans un pays de droit et il n’appartient pas à un pouvoir ou à un individu de verrouiller les libertés ».

Un grand rassemblement sera organisé la semaine prochaine sur le campus pour célébrer la reprise des activités.