Tchad: l’otage français détenu en territoire soudanais

L'otage français est désormais retenu en territoire soudanais.
© © Getty Images/ David Du Plessis

Au Tchad, l’otage français enlevé jeudi 23 mars n’est plus sur le territoire national. Des sources sécuritaires tchadiennes annoncent que les ravisseurs ont réussi à traverser la frontière en direction du Soudan.

Les forces tchadiennes appuyées par la force mixte Tchad-Soudan ont attendu le lever du jour, vendredi, pour repasser au peigne fin la frontière entre le Tchad et le Soudan, mais elles n’ont rien trouvé. Quelques instants plus tard, des sources locales ont signalé l’otage et ses ravisseurs à l’intérieur de la frontière soudanaise, a indiqué à RFI une source sécuritaire. « Nous avons actionné la force mixte, mais elle n’a jusque-là pas réussi à les rattraper », ajoute cette même source.

Cette nouvelle donne intègre aussi les services secrets soudanais dans la recherche du géologue français d’une quarantaine d’années qui travaille pour le groupe minier Tekton.

La force mixte, qui dispose d’un droit de poursuite sur 100 km de part et d’autre de la frontière, une unité tchado-soudanaise chargée de la surveillance de la frontière depuis 2010, était donc en première ligne. Mais en fin de journée, on a appris que l'otage et ses ravisseurs s'étaient enfoncés davantage dans le territoire soudanais. La force mixte ne pouvait donc plus poursuivre. Ce sont donc les Soudanais qui ont repris la main dans la soirée.

Crime crapuleux ou coup politique ?

Sur le statut des ravisseurs, on se demande s'il s'agit de simples bandits armés. Dans ce cas, pourquoi les ravisseurs n'ont-ils pas emporté le véhicule de l'otage et les deux autres Blancs présents à Doroti au moment du rapt ? S'agit-il d'un coup politique des rebelles tchadiens qui traînent entre le Darfour et la Centrafrique ? Une autre source ajoute : « C'est peut-être un coup des orpailleurs clandestins »interdits d'activités tchadiennes qui ne voyaient pas d'un bon œil la venue d'entreprises occidentales pour une exploitation industrielle de l'or dans la région.« Pour décourager les Blancs, il suffit de semer l'insécurité », ajoute cette même source.

Il venait d’arriver. Cela ne fait même pas un mois. On a voyagé ensemble de Ndjamena à Goz Beida. Il est souvent en pleine forêt de toutes les façons. Il était un peu isolé...

Le sultan du Dar Sila Saïd Brahim déplore cet enlèvement et s'inquiète des conséquences de son enlèvement sur la région
24-03-2017 - Par Sébastien Nemeth

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