Mali: une Conférence d'entente nationale, pour quoi faire?

Un véhicule de l’armée malienne dans les rues de Gao, dans le nord du Mali.
© RFI/David Baché

Au Mali, la Conférence d'entente nationale s'ouvre ce lundi 27 mars à Bamako au Palais de la culture en présence du président Ibrahim Boubacar Keïta. Elle est censée réunir pendant une semaine toute la nation malienne. Mais beaucoup ont déjà annoncé qu'ils ne participeraient pas à ce rendez-vous, qui doit marquer l'aboutissement du processus de paix.

Cette Conférence d'entente nationale a un seul but : « Instaurer un débat approfondi et inclusif entre toutes les composantes de la nation malienne sur les causes du conflit qui affaiblit le pays depuis 2012 ». Voilà ce qu'affirme le président de la commission préparatoire de cette réunion.

Réunir la nation malienne

A ce stade déjà, ce rendez-vous ne sera pas inclusif. Des incertitudes persistent quant à la participation des groupes armés. La Coordination des mouvements de l'Azawad, CMA, ex-rébellion ne participera pas à la rencontre. Selon un de ses porte-parole, Mohammed el-Maouloud Ramadane, il n'y a pas eu de compromis. Les ex-rebelles voulaient que la conférence débute comme prévu ce lundi, mais qu'elle ne se termine pas une semaine plus tard, mais beaucoup plus tard pour « permettre de discuter en profondeur de tous les problèmes ». Boycottant donc la rencontre, les ex-rébellions ont préféré dépêché une délégations aux Etats-Unis pour assister à un forum.

Les places de l'opposition maliennes seront également vides. Les opposants du régime dénonce « l'impréparation de la Conférence nationale ». Iba Ndiaye, l'un des porte-parole de cette opposition, ajoute : « Dans les termes de référence, on doit forcément parler de la gouvernance actuelle ».

Egalement absents, les représentants de la deuxième centrale syndicale du pays, la CSTM. Ils boycottent cette rencontre, car ils estiment qu'ils n'ont pas été associés aux termes de référence de la conférence.

Seront présents en revanche, les partis de la majorité présidentielle, les représentants des groupes armés d’une plateforme pro-gouvernementale, le MAA. Du monde de la société civile malienne arrive de l'intérieur du pays. Les organisateurs annoncent au total trois cent participants, mais sans les ex-rebelles et l'opposition donc.

Une charte de réconciliation nationale

Quant au débat approfondi, rien n'est moins sûr. Trois axes de discussions sont imposés : l'unité, la paix et la réconciliation. A l'issue d'une semaine de rendez-vous, une charte doit être adoptée, elle doit poser les bases d'une nouvelle façon de vivre ensemble sur l'intégralité du territoire du Mali.

La délicate question de l'Azawad, du nom de ce territoire au nord du Mali revendiqué un temps par les ex-rebelles, doit également être abordée. Cette conférence est censée être le point d'orgue de l'accord de paix d'Alger. Elle illustre pour l'instant la complexité d'instaurer un dialogue entre toutes les parties maliennes.

Personnellement je n'attends absolument rien de cette conférence qui est une grande kermesse, parce que ce qui doit précéder à la conférence n'a pas été de mise. On ne peut pas faire une conférence dans la mesure où les autorités n'ont pas été installées, où les services sociaux de base ne sont pas revenus dans les différentes localités, où 200 000 Maliens sont encore, du fait de cette guerre-là, en dehors de la République du Mali.
Qu'attendez-vous de la Conférence de l’entente nationale ?
26-03-2017 - Par Imogène Lamb