Bénin: le ministre de la Défense, bras droit du président, annonce sa démission

Le ministre de la Défense, Candide Azannaï, bras droit du président Patrice Talon (photo) a annoncé sa démission, ce lundi 27 mars.
© THIERRY CHARLIER / AFP

Au Bénin, le ministre de la Défense, Candide Azannaï, quitte le gouvernement. Il a annoncé sa démission, ce lundi 27 mars, sur sa page Facebook. Le gouvernement de Patrice Talon enregistre son premier départ, moins d’un an après sa prise de fonction, en pleine polémique sur le projet de révision de la Constitution qu’il a soumis aux députés.

Le message est court - quelques lignes – et s’adresse aux Béninois, aux militants de son parti, aux sympathisants.

« Face aux derniers développements de l’actualité politique dans notre pays, j’ai décidé de remettre ma démission », écrit Candide Azannaï, désormais ex-ministre délégué, chargé de la Défense.

Habitué aux coups d’éclat et à dire tout haut ce qu’il pense, il s’était fait très discret depuis qu’il était le patron de la Grande Muette.

C’est un coup dur pour Patrice Talon, car cet ancien ministre de l’ex-président Boni Yayi avait soutenu, dès la première heure, sa candidature à la présidentielle et avait mouillé le maillot. Pour l’instant, il n’y a pas eu de déclaration officielle de la présidence.

Si Candide Azannaï n’explique pas clairement sa décision, un de ses proches confie que le malaise couvait depuis longtemps et qu’il y avait mésentente à l’intérieur du gouvernement. La demande d’examen du projet de révision de la Constitution, en session extraordinaire et en procédure d’urgence, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Parmi les réactions, celle du président de l’Union nationale des magistrats du Bénin qui salue une décision « sage et courageuse » prise le jour où les magistrats ont marché sur l’Assemblée nationale afin que le texte soit retiré.

Surpris, les Béninois attendent maintenant que Candide Azannaï retrouve sa liberté de parole.