Sept mois après l’élection de Bongo: le difficile dialogue entre l’UE et le Gabon

Des drapeaux de l'Union européenne flottant devant le siège de la Commission européenne.
© REUTERS/Thierry Roge

Cela fait désormais sept mois qu'Ali Bongo a été réélu à la tête du Gabon. La coalition d'opposition autour de Jean Ping conteste toujours les résultats et demande des sanctions internationales. En février, le Parlement européen a jugé que les résultats du scrutin étaient « extrêmement douteux » et demandé à l'Union européenne de lancer des négociations avec Libreville et de prendre des sanctions en cas d'échec. Un dialogue qui s'inscrit dans le cadre de l'accord de Cotonou, qui régit les rapports entre Bruxelles et les pays africains. Mais depuis plusieurs mois déjà, l'Union européenne tente de négocier avec Libreville, sans succès visiblement.

L'Union européenne a envoyé deux notes verbales au Gabon en décembre et en février. Dans ces courriers diplomatiques, Bruxelles demande un dialogue renforcé avec Libreville. Or selon plusieurs sources, le pouvoir gabonais n'a pas répondu. Le service extérieur de l'UE explique qu'en cas de non-réponse, « la position européenne sera revue et d'autres mesures seront envisagées ».

Le Premier ministre gabonais lui explique que les sujets de discussion proposés par l'UE sont déjà compris dans le dialogue politique qui va s'ouvrir à Libreville. « Il faut laisser les Gabonais examiner ces questions avant de les aborder avec un partenaire étranger », indique Emmanuel Issozé Ngondet.

Mais Bruxelles n'en est pas resté là. L'UE affirme que le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme était prêt à envoyer fin janvier, une mission d'évaluation au Gabon pour enquêter sur les violations des droits de l'homme présumées. Les Européens étaient d'ailleurs prêts à financer l'opération.

Mais selon un membre du Haut-Commissariat, cette mission serait malvenue. « Vu le contexte, Libreville dirait qu'elle est biaisée et refuserait de coopérer. Or ces missions se font avec l'accord du pays hôte », dit-il. Il explique que le HCDH préfère attendre le résultat du dialogue politique, en espérant des engagements sur les droits de l’homme.

Il précise toutefois que d'autres options existent en citant la Birmanie, où l'ONU avait enquêté depuis un pays voisin, puis publié un rapport accablant pour le pouvoir birman.