Soudan du Sud: le président Salva Kiir annonce un cessez-le-feu unilatéral

Le président sud-soudanais Salva Kiir lors du sommet de l'Igad, le 25 mars 2017 à Nairobi.
© SIMON MAINA / AFP

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir a annoncé ce lundi 27 mars un cessez-le-feu unilatéral de ses forces dans le pays. Il a ainsi accédé à une demande de l'Igad, l’Autorité intergouvernementale sur le développement, qui était réunie en sommet le week-end dernier à Nairobi. Il s'agit d'essayer de faire retomber la tension dans le pays ravagé par la guerre civile et la famine, pour favoriser la tenue d'un dialogue national. Mais l'opposition a aussitôt fait savoir que tout nouveau dialogue était absurde tant que l'accord de paix de 2015 n'était pas appliqué.

C'était le premier geste diplomatique fort de Moussa Faki Mahamat, le nouveau président de la Commission de l'Union africaine (UA) : reprendre en main la crise au Soudan du Sud. Il faut dire que, dans ce pays effondré, tous les voyants sont au rouge : l'état de famine a été déclaré, des crimes abjects sont commis loin des regards par des bandes armées, la population fuit comme elle le peut. Et les deux factions politiques dominantes n'ont aucune intention de céder du terrain.

C'est pourquoi l'annonce faite par l'UA ce lundi à Juba est importante. Le président Salva Kiir décrète un cessez-le-feu unilatéral de ses troupes et une amnistie générale pour les combattants. L'idée serait de favoriser le « dialogue national » voulu par Salva Kiir et, à terme, les élections demandées par la communauté internationale. Rien en revanche sur la force militaire d'interposition décidée par l'UA voici bientôt un an, et pas encore déployée sur le terrain.

Mais la réaction du camp d'en face laisse planer peu d'ambiguïté. Dans une lettre rédigée en exil, Riek Machar a fait savoir dès dimanche qu'il était « consterné et déçu » par l'annonce de l'UA et les efforts déployés pour le marginaliser. Et de répéter que, pour lui, l'accord de paix de juillet 2015 était toujours le cadre en vigueur pour arrêter la guerre, tout nouveau « dialogue national » n'ayant donc aucun sens.

On peut se demander si d’un côté, le président Salva Kiir a les moyens de se faire entendre de son armée et des différentes factions qui la composent. (…) Il y a maintenant des clivages régionaux, claniques qui ressurgissent. Finalement, la guerre devient un art de vivre et il est difficile de s’arrêter de cette économie de prédation…

Marc Lavergne
29-03-2017 - Par Léonard Vincent

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