Affaire Chebeya: témoin clé, Paul Mwilambwe attend son procès au Sénégal

Paul Mwilambwe est un témoin clé dans l'affaire Chebeya-Bazana. (photo d'archives).
© AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH

Inculpé et interrogé par le juge il y a plus de deux ans, ce témoin essentiel dans le dossier des assassinats, en RDC, en 2010 du défenseur de droits de l'homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, n'a pour le moment, aucune nouvelle de la justice sénégalaise qui a été saisi en vertu de la compétence extraterritoriale. Devant le juge à Dakar, Paul Mwilambwe, a répété ses accusations. Il affirme avoir vu, via une caméra de surveillance, ceux qui ont tué et asphyxié Floribert Chebeya dans les locaux de la police dirigée à l'époque par le général Numbi, locaux qui était sous la responsabilité de Mwilambwe.

Paul Mwilambwe est en relation chaque mois avec la justice. Sous contrôle judiciaire, il doit en effet pointer devant le juge. Et c'est son seul contact, car depuis son interrogatoire en février 2015, il attend son procès explique son avocat Maitre Domingo Dieng.

« Nous aurions préféré aller plaider tout de suite mais lorsque nous avons vu le juge la dernière fois, il nous a dit que le dossier suivait son cours. La réponse est très laconique mais nous sommes obligés, en ce qui nous concerne, d’attendre. J’espère que cette attente-là ne va pas durer plus qu’il ne le faut. »

Son passeport aux mains de la justice, sa demande de statut de réfugié pour lui, sa femme et ses enfants suspendu au verdict d'un procès qui ne vient pas, Paul Mwilambwe, dit craindre pour sa vie explique son avocat.

« Il est obligé de déménager presque tous les trois ou quatre mois, il se dit qu’il peut être victime d’un enlèvement et il se dit que, jamais, le régime de Kabila ne va lâcher le morceau. Et c’est ce qui fait qu'il est obligé de rester sur ses gardes 24 heures sur 24. »

Paul Mwilambwe demande de la sécurité surtout pour sa femme et ses enfants. Sur la durée de la procédure, qui s'étire donc dans le temps, sollicités, les services du ministère de la justice comme du parquet n'ont, pour le moment, donné aucune explication.

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