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RDC

RDC: week-end de terreur dans le Kasaï à Luebo et Tshimbulu

Vue satellite de la ville de Luebo, dans le Kasaï, en RDC.
© GOOGLE MAPS

En RDC, la situation est toujours très précaire dans le Kasaï. La région est en proie à des affrontements sanglants entre des miliciens se réclamant du chef traditionnel local Kamuina Nsapu et les forces armées. Ce week-end, de nouvelles violences ont éclaté dans différentes localités. Samedi, des attaques ont notamment été signalées à Luebo et Tshimbulu.

La population de Tshimbulu a passé son dimanche dans un état de psychose. « Je suis juste allé à l'église et je suis rentré », confie un habitant, parlant d'une localité « sinistrée, où les gens peinent à s'approvisionner ». Cette peur fait suite à une violente attaque des Kamuina Nsapu, samedi. Des miliciens ont attaqué dès 6h les soldats postés à l'entrée de la ville. « Ils avaient des armes à feu, des machettes et des bâtons. L'armée les a repoussés après deux heures d'affrontements », explique un homme terré chez lui. Les violences auraient fait des victimes, mais le bilan reste incertain.

Même terreur à Luebo, à 200 kilomètres de Kananga où les miliciens ont mis la localité à sac vendredi, incendié les édifices publics, le couvent, l'évêché. Dimanche matin, les habitants ont appris que des militaires étaient en chemin. La plupart des assaillants ont alors quitté la ville, mais en fin d'après-midi les miliciens sont revenus nombreux à Luébo. « Ils étaient déjà partis et ils sont revenus tout à l’heure en grand nombre parce qu’ils ont appris que les militaires se sont déjà engagés. Ils sont plus ou moins 250. Ils se sont dispersés en groupe, ils se sont éparpillés un peu partout et ils se préparent pour l’affrontement », rapporte un habitant.

Et c’est la peur qui domine. « Ils ont demandé à tout le monde de s’enfermer dedans, poursuit-il. Moi-même je suis à la maison et je parle doucement, car je ne suis pas en sécurité. Ma famille s’est déjà déplacée, moi je reste un peu pour suivre le mouvement et quand ça devient difficile, je me déplace aussi. Parce que nous vivons dans un monde où il n’y a pas un chef, il n’y a pas un dirigeant, tous les policiers ont fui. »

« Ils craignent une arrivée des militaires. Les gens eux ont peur de prendre une balle perdue ou qu'on les confonde avec les miliciens », confie de son côté un prêtre.

A Kananga, des habitants ne cachent pas leur peur des FARDC après plusieurs jours d'un ratissage brutal maison par maison. « La société civile a demandé à l'armée de stopper cette opération. Elle a aussi parlé à des miliciens pour proposer de transmettre leurs revendications », explique une source locale.

Dimanche, la sérénité était toutefois loin d'être revenue. « J'ai quitté mon quartier, raconte un habitant. J'y suis passé hier. Il n'y avait que des soldats et quelques vieillards. En attendant, on enterre nos morts », dit-il.

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