RDC: Joseph Kabila consulte l’opposition avant son discours devant le Parlement

Le président Joseph Kabila a rencontré des membres de l'opposition, à Kinshasa, en RDC, le 3 avril 2017.
© REUTERS/Kenny Katombe

En République démocratique du Congo le président Joseph Kabila s'exprimera, mercredi 5 avril devant le Parlement. En attendant, le chef de l'Etat poursuit ses consultations politiques. Après l'accord du 31 décembre entre majorité et opposition, au point mort, après la fin des discussions sous l'égide des évêques, qui ont abouti à un constat d'échec, l'enjeu est de trouver un consensus pour la nomination d'un nouveau Premier ministre et d'un président du Conseil national de suivi de l'accord, les deux points de blocage entre la majorité et l'opposition. Joseph Kabila débutait les entretiens ce mardi 4 avril.

Sont invitées les principales forces de l'opposition : le Front pour le respect de la Constitution mené par le le MLC de Jean-Pierre Bemba, mais aussi le Rassemblement de l'opposition avec à sa tête l'UDPS. Mais le problème est que tout le monde n'est pas prêt à répondre à cette invitation.

Le poids lourd de l'opposition, le Rassemblement a ainsi déjà décliné. Selon eux, ce n'est pas au président de se lancer dans une nouvelle médiation, c'est le rôle de l'Eglise et des évêques. Le Rassemblement craint que rencontrer Joseph Kabila ne revienne à cautionner la sortie de crise que lui a en tête. A savoir : choisir le Premier ministre entre trois candidats de l'opposition et trouver une personne qui fasse consensus pour diriger le Conseil national de suivi de l'accord.

Pour Chritsophe Lutundula, porte-parole du Rassemblement, il n'y avait donc rien à attendre de nouveau de ces consultations. « M. Joseph Kabila a déjà pris position. Il a déjà indiqué qu'il consentait à ce que le Premier ministre vienne du Rassemblement, sans autre précision. Et que pour lui, le Conseil national de suivi doit être présidé par une personnalité consensuelle », rappelle-t-il.

Pour le Rassemblement, cela reviendrait à trahir le texte de l'accord signé le 31 décembre dernier. Résultat : ils n'iront pas au rendez-vous.

Mais ce n'est pas l'avis de toute l'opposition. La deuxième force de l'opposition au Parlement, le MLC, a rencontré Joseph Kabila ce mardi matin. Par courtoisie, disent-ils, mais aussi pour lui demander d'être moins intransigeant et d'accepter la proposition de Premier ministre faite par le Rassemblement. Mais leur objectif c'est aussi de se déclarer candidat à la tête de ce fameux Conseil de suivi de l'accord.

Depuis le décès d'Etienne Tshisekedi, qui avait été nommé à cette fonction, l'ensemble de l'opposition se dispute pour occuper ce poste.

« L'accord n'est pas figé, c'est un accord qui doit être dynamique. Et quand il y a un empêchement définitif concernant une personne, il faut en tenir compte et donc remettre la question en débat », estime Fidèle Babala, député du MLC.

Joseph Kabila a aussi reçu l'aile dissidente du Rassemblement de l'opposition, qui comptait elle aussi lui faire part de ses ambitions. Des personnes « rachetées par le pouvoir », disent leurs détracteurs. Ces dissidents comptent bien proposer trois candidats à la primature.

De toutes ces voix, lesquelles Joseph Kabila va-t-il écouter ? Va-t-il jouer sur toutes ces divisions ou se poser en garant de l'accord ? Réponse demain lors de son discours devant l'Assemblée nationale et le Sénat.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.