Afrique du Sud: H. Zille épinglée pour un tweet jugé favorable à la colonisation

Helen Zille.
© REUTERS/Mike Hutchings

Helen Zille, ancienne dirigeante du plus important parti d’opposition, l’Alliance démocratique, a provoqué l’indignation après avoir défendu sur Twitter, en mars dernier, les aspects positifs du colonialisme. Elle s’est rapidement excusée, mais le mal était déjà fait.

de notre correspondante à Johannesburg,

Dans un message posté en mars 2017, Helen Zille écrit : « pour ceux qui considèrent que l'héritage du colonialisme est seulement négatif, pensez à l'indépendance de la justice, au réseau de transports et à l'eau courante... ».  Un message qui semble justifier le colonialisme et provoque un embrasement immédiat des réseaux sociaux, 23 ans après la fin de l'apartheid. En quelques heures, des centaines de Sud-Africains ont répondu, retweeté.

La Première ministre de la province du Cap occidental a rapidement présenté des excuses « sans réserve pour un tweet qui a été compris comme une défense du colonialisme. Ce n'était pas le cas ».

Trop tard, le mal était fait. « C'est une insulte aux Noirs qui souffrent encore des effets du colonialisme » a très vite riposté le porte parole de l'ANC, le parti au pouvoir.
 
L'Alliance démocratique elle même a également vivement condamné ses propos, indiquant que le colonialisme, comme l'apartheid, est fondamentalement mauvais et ne peut en aucun cas être justifié et a officiellement annoncé enquêter sur les tweets en question dimanche 2 avril.

Mesures disciplinaires en vue

Conséquence, Helen Zille fait à présent face à des mesures de discipline qui peuvent aller jusqu'à son expulsion du parti. D’autant plus que ce n’est pas la première fois qu’elle enflamme les réseaux sociaux avec ses tweets. Connue pour ses messages provocateurs sur les réseaux sociaux, elle avait déjà eu des problèmes dans le passé.
 
La différence avec les fois précédentes c’est qu'Helen Zille n'est plus la chef de son parti. Certes, elle tweete en son nom propre mais ses messages restent associés à son parti, alors même que ce dernier peine à s'affranchir de son étiquette de « parti de Blancs ».
 
C'est là tout le problème, Twitter a donné une importante plateforme pour que chacun puisse s’exprimer, là où auparavant la communication d’un groupe - que ce soit un parti politique ou une entreprise – était encadrée, contrôlée par le service de communication.

Aujourd'hui, chacun peut s’exprimer sur les réseaux sociaux et même si c’est fait en son nom personnel le message est souvent associé à un groupe par le public.
D’ailleurs l’Alliance démocratique a demandé à ses cadres d’éviter de faire des commentaires sur Twitter, même s’il s’agit d’un compte perso.
 
L’autre problème que soulève cette affaire n’est pas nouveau : c’est l’instantanéité et le coté réducteur d'un mode de communication où il n’y a pas la place d’expliquer ou de débattre.

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