Législatives en Gambie: «Tout est à reconstruire»

Adama Barrow, le président gambien, a voté à Banjul, la capitale, ce jeudi 6 avril 2017.
© RFI / Claire Bargelès

Les Gambiens votent depuis ce jeudi matin 6 avril 2017 pour élire leurs députés. Ce sont les premières élections depuis la chute de Yahya Jammeh qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant plus de 22 ans. 886 000 électeurs, sur près de 2 millions d'habitants, sont appelés à choisir leurs députés parmi 238 candidats issus de 9 partis ou de listes indépendantes. Reportage.

A l’ouverture du bureau de vote de Bakau, ce jeudi matin à Banjul, une longue file s’était formée devant les isoloirs. Mais, à la mi-journée, les électeurs arrivaient plutôt au compte-gouttes, un scénario observé dans la plupart des bureaux de vote de la capitale.

Le nouveau président, Adama Barrow, était particulièrement attendu. Il a voté à Old Yundum, à Banjul, sur la route de l'aéroport, en compagnie de sa première épouse [la polygamie est légale en Gambie, NDLR].

Les électeurs qui se sont déplacés ne voulaient vraiment pas manquer ce scrutin crucial et ce qu’il représente : le droit de jouer un rôle dans cette « nouvelle Gambie ».

Modou, un électeur gambien, était parmi les premiers à aller déposer une bille (qui remplace les bulletins) dans le bidon (qui remplace l’urne) du candidat de son choix. Pour lui, c’est un grand jour pour son pays où « tout est à reconstruire ».

Un test pour les partis

L’enjeu de cette élection est de renouveler l’Assemblée qui était jusqu’à présent presque entièrement contrôlée par le parti de l’ancien président. L'Alliance pour la réorientation et la construction patriotiques (APRC), le parti de Yahya Jammeh, espère tout de même conserver un grand nombre de sièges, malgré la fuite du dictateur.

Le scrutin devrait apporter plus de diversité parmi les députés et redonner un vrai rôle au Parlement. C’est aussi une forme de test pour les différents partis gambiens, ceux de la coalition, qui n’ont pas présenté de candidat commun, comme ceux de l’opposition. Ils vont pouvoir se comparer. Ils sauront qui aura le plus d’influence dans cette « nouvelle Gambie » post-Yahya Jammeh et sera donc en mesure de faire passer les réformes du gouvernement. Les premiers résultats sont attendus vendredi 7 avril.

Les électeurs gambiens se sont pressés, à l'ouverture des bureaux de vote, ce jeudi matin 6 avril 2017, pour élire leurs députés. Ici, à Bakau, un quartier de la périphérie de la capitale, Banjul. © RFI / Claire Bargelès

Une élection très suivie par la communauté internationale

Pour la première fois, l’Union européenne a été invitée à déployer une mission d’observation, en Gambie. Elle rendra un rapport sur le déroulement de l’élection dans quelques jours.

Sur place aussi, on trouve des observateurs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union africaine (UA), ce qui prouve une fois de plus la volonté d’ouverture vers l’international de cette « nouvelle Gambie », et surtout l’importance de ces premières élections législatives libres du pays.

J'espère que ce sera plus mixte [...]. Les candidats que je vois, ce sont des jeunes [...] bien instruits, ils peuvent amener le changement.

Des électeurs gambiens révèlent leurs attentes
06-04-2017

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