Terrorisme et commerce au centre de la visite de Bernard Cazeneuve en Algérie

Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve et son homologue algérien Abdelmalek Sella, le 5 avril 2017, sur le tarmac de l'aéroport d'Alger.
© ryad kramdi / AFP

Bernard Cazeneuve est en déplacement officiel en Algérie et en Tunisie jusqu'à vendredi. Le Premier ministre français est arrivé mercredi 5 avril à Alger où il restera 24 heures. C'est la troisième fois qu’il se rend en Algérie depuis le début du quinquennat de François Hollande. Il doit s'entretenir avec son homologue algérien Abdelmalek Sellal et devrait également être reçu par le président Bouteflika.

Même s'il n'est en poste que pour quelques semaines encore, Bernard Cazeneuve voulait revenir au Maghreb avant son départ. Malgré la fin du quinquennat, « ce n'est pas seulement une tournée testamentaire, confie une source diplomatique, il y a des enjeux de fond ». La sécurité et le terrorisme notamment, avec le Mali, où le pouvoir central peine à réinstaurer son autorité dans le Nord. L'instabilité en Libye, avec les engagements du sommet européen de Malte pour aider Tripoli à limiter le flot de réfugiés. Dans ces deux cas, l'Algérie reste un interlocuteur régional incontournable.

La coopération étroite avec Alger peut aider à tarir l'immigration clandestine « d'une ampleur sans précédent » en Europe, selon le Premier ministre. Matignon met d'ailleurs en avant les 410 000 visas algériens octroyés l'an dernier. Deux fois plus qu'en 2012.

Accords économiques

Côté économique, une série d'accords seront signés notamment dans l'industrie et la coopération universitaire. Plusieurs fois pressentie durant le quinquennat, la signature du projet d'usine Peugeot-Citroën dans la région d'Oran n'est pour autant toujours pas à l'ordre du jour.

En tout cas, peu importe qui sera au pouvoir en France au soir du 7 mai, Paris veut maintenir ce qu'il appelle « des relations franco-algériennes à un niveau d'excellence jamais égalé ». Les polémiques du voyage de Manuel Valls en avril dernier, avec un tweet sur le président Bouteflika en fauteuil roulant et le boycott d'une partie de la presse française, semblent donc appartenir au passé.