Madagascar: Claudine Razaimamonjy toujours en garde à vue, le Bianco se justifie

Le directeur général de la Bianco, Jean-Louis Andriamifidy, lors de la conférence de presse organisée en urgence jeudi 6 avril.
© RFI/ Sarah Tétaud

A Madagascar, l’arrestation de « Madame Claudine » fait grand bruit. Depuis lundi, la femme d’affaires et conseillère spéciale du président est en garde à vue dans les locaux du Bianco, le Bureau indépendant de lutte anti-corruption. Placée à l’isolement, elle est auditionnée par cinq enquêteurs au sujet de plusieurs affaires de favoritisme liées à l’obtention de marchés publics. Pour l’instant, aucune information n’a encore filtré sur les faits concrets reprochés à cette proche du pouvoir. Pourtant, une bataille médiatique a bel et bien commencé. Suite à différentes déclarations, le Bianco a dû convoquer la presse en catastrophe jeudi 6 avril pour justifier ses actions.

« Le Bianco n’a pas violé la loi en gardant à vue Mme Claudine Razaimamonjy 48h supplémentaires, a martelé jeudi 6 avril le directeur général du Bianco. Il ne s’agit pas d’une prolongation de garde à vue, mais bien de l’ouverture d’une seconde garde à vue, pour trois autres dossiers dans lesquels cette dame fait l’objet d’une enquête. »

Le directeur général du Bianco a ensuite assuré que le ministre de la Justice avait « été mal informé par les avocats de la prévenue », en réponse à la sortie de ce dernier qui réclamait aux micros des journalistes la libération de l’opératrice économique. D’après le garde des Sceaux, sa détention serait « arbitraire » et la procédure judiciaire n’aurait pas été respectée. « Une pression parmi tant d’autres. Tout est fait pour nous faire stopper l’enquête », affirment des sources en interne au Bianco.

Jeudi, le syndicat des magistrats s’est désolidarisé de son ministre de tutelle en publiant un communiqué dans lequel il informe qu’il n’accepte aucune intimidation et condamne les méthodes « d’interférence » employées actuellement par l’Etat.

La garde à vue de Claudine Razaimamonjy prend fin ce vendredi. Elle sera donc présentée dans la journée devant la chaîne pénale anti-corruption. Ce sera alors aux juges de décider du sort de la conseillère du président. La relaxe, la liberté provisoire ou la poursuite des interrogatoires font partie des différentes options.