Madagascar: première nuit en détention provisoire pour «Madame Claudine»

Devant l'enceinte du Bianco, les partisans de «Madame Claudine» font face aux militaires qui sécurisent les lieux.
© RFI / Sarah Tétaud

A Madagascar, suite du feuilleton de «Madame Claudine». Claudine Razaimamonjy, femme d'affaires et conseillère spéciale du président de la République a été présentée ce vendredi 7 avril à la mi-journée devant la Chaîne pénale anticorruption. Une suite logique de la procédure. La durée légale de la garde à vue expirant, les enquêteurs du Bureau indépendant de lutte anticorruption (Bianco) qui l'ont auditionnée pendant quatre jours avaient pour obligation de transférer la prévenue devant cette juridiction compétente. Dans la soirée, les magistrats ont décidé de placer cette proche du pouvoir sous mandat de dépôt.

Vendredi, midi. Un balai de 4x4 de la gendarmerie fait irruption devant le bâtiment de la Chaîne pénale anticorruption. C'est tout sourire que Claudine Razaimamonjy descend du véhicule, escortée par ses avocats et les enquêteurs du Bianco, devant une foule venue en nombre pour la voir.

Elle doit être présentée aux magistrats de la juridiction anticorruption. Motif : « Madame Claudine » est soupçonnée de « favoritisme dans l'attribution de marchés publics, de détournement de deniers publics, de recel de détournement de deniers publics, d'abus de fonction et de blanchiment d'argent » et ce, dans deux dossiers distincts présentés par le Bianco.

A la Chaîne pénale anticorruption, l'audience se déroule à huis clos. Les magistrats questionnent la prévenue. Après plusieurs heures d'audition, le juge d'instruction décide finalement de placer l'opératrice économique sous mandat de dépôt.

Malaise

La notification de cette détention préventive est un choc pour Claudine Razaimamonjy, qui « fait alors un malaise », explique son avocate. Sous la pression de cette dernière, la prévenue est immédiatement transférée à l'hôpital public de la capitale, sans se soumettre à l'auscultation préalable du médecin de la prison : « un non-respect de la procédure », selon le Bianco.

La date de la seconde comparution devant le juge n'a pas été annoncée, mais de source proche du dossier, il se pourrait que cela soit dans plusieurs mois. Claudine Razaimamonjy devra donc patienter, à l'hôpital ou en prison.