Cameroun anglophone: l'ordre des avocats annonce la fin de 6 mois de grève

Un avocat devant le tribunal de grande instance de Yaoundé. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO/REINNIER KAZE

Les avocats anglophones, en grève depuis 6 mois et à l'origine de la grave crise socio-politique qui paralyse les 2 régions anglophones du pays seraient prêts à reprendre le travail, a annoncé l'ordre des avocats du Cameroun dans un communiqué ce lundi 10 avril. Cette décision fait suite à des annonces du gouvernement sur leurs revendications portant sur la préservation de leur sous-système juridique.

Le communiqué signé du bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun annonce en substance que les avocats des régions du sud-ouest et du nord-ouest anglophone reprendront leurs activités le 2 mai 2017.

Ce communiqué intervient après un train de mesures annoncées par le gouvernement le 30 mars dernier, en réponse aux revendications formulées par les avocats anglophones, à l’origine de la crise sociopolitique qui paralyse cette partie du Cameroun depuis six mois.

De Yaoundé à Bamenda, après cette annonce, les réactions des avocats concernés divergent, même si beaucoup saluent une voie de sortie de crise.

Réactions mitigées

Interrogés par RFI, plusieurs avocats anglophones ont confié à RFI que ces mesures étaient globalement satisfaisantes et même que dans sa réponse, le gouvernement était allé un peu plus loin que les revendications initiales qui traitent des questions sectorielles et corporatistes.

Il n’empêche, l’unanimité n’est pas totalement acquise quant à l’éventualité de la reprise des activités dans les prétoires de Bamenda et Buea. Certains avocats d’obédience anglo-saxonne se montrent toujours circonspects, redoutant des effets d’annonce et dénonçant un calendrier imprécis.

La méfiance est d’autant plus de mise que deux avocats parmi les meneurs des revendications anglophones sont toujours en détention. Le communiqué du bâtonnier annonçant la reprise pour le 2 mai 2017, précise par ailleurs que les négociations avec le gouvernement se poursuivent pour la libération de ces avocats.