Niger: un mort dans des heurts entre étudiants et policiers lundi

Ici, une manifestation étudiante en 2011 dans les rues de Niamey, capitale du Niger. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA

Un étudiant serait décédé ce lundi après avoir reçu des coups, selon l'Union des scolaires nigériens qui s'est procuré le constat de décès, en marge de violentes manifestations entre étudiants et forces de l'ordre. Le ministre de l'Enseignement supérieur, joint par RFI, ne confirme pas pour l'instant ce décès, mais assure qu'une quinzaine de policiers ont été blessés dans les échauffourées de ce lundi 10 avril.

Au Niger, les heurts entre étudiants et policiers ont fait un mort, ce lundi 10 avril. C'est l'Union des scolaires nigériens qui l'annonce, constat de décès à l'appui. Il s'agit d'un étudiant en troisième année de sciences humaines. Il serait décédé lundi après-midi, après avoir reçu des coups.

Joint par RFI, le ministre de l'Enseignement supérieur ne confirme pas pour l'instant ce décès, mais assure qu'une quinzaine de policiers ont été blessés dans les échauffourées.

Une enquête judiciaire demandée

La Commission nationale des droits de l'homme a rencontré ce mardi toutes les parties pour tenter de renouer le dialogue entre élèves étudiants et gouvernement et l'Association des jeunes avocats du Niger, l'AJAN, est montée au créneau. Des membres de cette organisaiton ont pu rencontrer 17 parmi la soixantaine d'étudiants arrêtés lundi, après leur audition dans les bureaux de la police. Des jeunes étudiants très inquiets, qui vivent mal leur incarcération.

L'AJAN demande leur libération immédiate et l'ouverture d'une enquête judiciaire pour établir les responsabilités dans les violences qui ont emporté la vie d'au moins un étudiant. Me Boudal Effred Mouloul.

Me Boudal Effred Mouloul: «dès lors qu'il y a mort d'homme, nous considérons qu'il est de la responsabilité des avocats que nous sommes de mander qu'une information judiciaire soit ouverte pour que la lumière soit faite» u
12-04-2017 - Par Marie-Pierre Olphand

« Nous restons ouverts, mon cabinet est ouvert », assure le ministre

Suite aux violences d'hier, le campus de l'université Abdou Moumouni est fermé jusqu'à nouvel ordre. Mais il n'y aura pas d'année blanche pour autant assure le ministre de l'Enseignement supérieur Mohamed Ben Omar qui assure que sa porte reste ouverte.

« Par rapport aux revendications je dis qu’aucune ne tient la route. Je l’ai expliqué de fond en comble, les bourses sont en train d’être payées, pour l’Université Abdou Moumouni il nous reste une seule faculté, soit environ 500 boursiers qui sont en train d’être payés, explique à RFI le ministre.
Maintenant il y a l’aide sociale qui est un appui que l’Etat donne aux étudiants non boursiers. Nous sommes en pourparlers parce qu’il n’y a pas une législation digne de ce nom en la matière et ils savent que nous devons légiférer dans ce domaine.
Le gouvernement est disposé à discuter – ce sont nos partenaires après tout – mais je dis, on ne fera jamais de l’irresponsabilité. Ce qui n’est pas faisable, n’est pas faisable. Je ne peux pas aller au-delà de ce que la loi des finances me donne. L’aide sociale, c’est une allocation budgétaire qui est donnée chaque année par la loi des finances.
Mais nous restons ouverts, mon cabinet est ouvert, tous mes collaborateurs sont là. A tout moment nous sommes prêts à reprendre le fil du dialogue
».

Les cours ne sont pas affectés par la fermeture du campus, assure le ministre Mohamed Ben Omar qui se veut rassurant et promet qu'il n'y aura pas d'année blanche.

Yayé Djibo, le secrétaire général adjoint de l'USN Union des scolaires des étudiants, rappelle pour RFI les revendications des étudiants.

Yayé Djibo: «Nous exigeons le paiement immédiat et sans condition de nos deux bourses: celle de janvier-février-mars et celle d'octobre-novembre-décembre...»
12-04-2017 - Par Marie-Pierre Olphand

A (ré)écouter → Niger: la vie compliquée des étudiants dans les nouvelles universités