Rencontre chaleureuse entre Alpha Condé et François Hollande

Le président François Hollande et son homologue guinéen Alpha Condé lors du dîner d'Etat à l'Elysée, le 11 avril 2017.
© REUTERS/Philippe Wojazer

Le président français a accueilli chaleureusement mardi 11 avril à l’Elysée son homologue guinéen, Alpha Condé. François Hollande s'est aussi félicité des bonnes relations entre Paris et Conakry, qui ont jadis été «tumultueuses». Mais il n’a pas été uniquement question de la Guinée.

Cette visite d’Etat est à la fois une première et une dernière. La première visite d’Etat d’un président guinéen en France. La dernière visite d’Etat organisée sous François Hollande. Paris a donc déroulé le tapis rouge pour Alpha Condé, le président de la Guinée, mais aussi le président en exercice de l'Union africaine.

Dans une « déclaration » qui avait des airs d’adieux au continent africain, le président français a souligné qu’il était dans l’intérêt de la France et de l’Afrique de travailler pour la paix, la sécurité et le développement. « La France, elle est en soutien de l’Afrique parce qu’elle pense que ce continent a un grand potentiel, mais aussi des difficultés qu’il faut régler, et que ce qui se passe en Afrique a des conséquences en Europe, ne serait-ce que l’immigration, le terrorisme, l’instabilité », a-t-il déclaré.

A l'Elysée, Alpha Condé a assuré que les Africains étaient « très reconnaissants » à son ami François Hollande pour ce qu'il avait fait pour l'Afrique. Mais il leur appartient, a-t-il insisté, de tracer leur chemin. « Il faut qu’on accepte que l’Afrique définisse sa voie pour le développement et sa voie démocratique. Bien sûr, il y a des principes universels démocratiques, mais il faut qu’on cesse de prendre l’Afrique pour un seul Etat. Il y a beaucoup d’Etats avec des différences, donc moins de dogmatisme et qu’on nous laisse définir nos voies. »

La RDC au cœur du dîner

Mardi soir, les deux hommes se sont revus à un dîner d’Etat auquel étaient conviées 180 personnes, dont des membres des ONG qui s'étaient rendues en Guinée en pleine épidémie d'Ebola il y a trois ans. Parmi les convives se trouvaient des personnalités guinéennes comme le footballeur Pascal Feindouno et le chanteur Mory Kanté, mais aussi le rappeur français Black M, dont le grand-père guinéen était tirailleur sénégalais.

François Hollande et Alpha Condé ne se sont pas contentés de faire l'éloge des relations France-Guinée. Il a aussi été question de la République démocratique du Congo. S'adressant à la presse, le président français a expliqué que la crise en RDC était pour la France « un sujet de préoccupation ». Il a ajouté qu'il faisait confiance à l'Union africaine pour trouver des « solutions de médiation » qu'il estime « indispensables ».

Il n'est pas exclu qu'Alpha Condé, le président en exercice de l'Union africaine, propose une autre médiation après celle de l’ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo, un facilitateur de l’Union africaine pour le dialogue en RDC. Ce dialogue national et inclusif avait accouché d'un accord pour des « élections apaisées, crédibles et transparentes », un accord resté lettre morte.


Conakry et Paris s'engagent sur la question des ordures

Les deux pays ont signé une déclaration d'intention en matière de gestion des déchets ménagers. C'est un sujet de vive préoccupation pour les habitants de la capitale guinénne, dont certaines plages sont jonchées d'ordures. Ce partenariat France-Guinée devrait permettre de les nettoyer, selon la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, qui a signé la déclaration d'intention pour la France.

Concrètement il s'agit déjà de nettoyer la plage de Conakry, donc il y a trente camions qui vont arriver pour le nettoyage. Mais parallèlement, comme la décharge est complètement saturée, c'est de remettre en place une filière de traitement et de revalorisation des déchets.
Ségolène Royal
12-04-2017 - Par Michel Arseneault