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Niger

[Reportage] Au campus de Niamey, retour au calme difficile pour les étudiants

Des étudiants nigériens à Niamey (photo d'illustration).
© Ute Grabowsky/Photothek via Getty Images

Restaurant universitaire fermé, transports suspendus, campus évacué... Quatre jours après la fermeture du campus universitaire de Niamey après de violents affrontements, la vie est dure pour les étudiants de la capitale nigérienne.

Toute la journée, les étudiants retardataires ont été exceptionnellement autorisés à récupérer leurs valises dans les dortoirs, sous l’œil vigilant des policiers. Pour ceux qui n’ont nulle part où aller, la fermeture du campus commence à peser.

Dans un groupe d’étudiants assis à même le sol sous des manguiers, Ousmane Issa regrette la fermeture de beaucoup d'infrastructures sur le campus. « La situation, nous la vivons dans notre chair, dit-il. Toutes les prestations des œuvres universitaires, même le resto, ont été suspendues. »

A la faculté des sciences politiques et juridiques, le grand amphithéâtre est désert. Non loin de là, sur un banc, pour Adama, l’heure n’est plus aux cours : « Comment est-ce possible ? Nos camarades sont enfermés au niveau de la police judiciaire, au niveau des prisons, d’autres sont blessés, d’autres sont décédés. Comment on peut venir prendre les cours ? »

Aucune négociation

En face du grand restaurant universitaire fortement gardé par la police, un groupe d’étudiants, tout sourire. Un de leurs amis de la ville vient de les visiter : « On vient de finir un plat qu’un ami nous a amené ici pour manger. Depuis ce matin je n’ai rien mangé... ».

En attendant la réouverture du campus universitaire, Issa Mohamed, étudiant en deuxième année de géographie, organise sa vie dans une mosquée. « Nous sommes à la mosquée al-Moustapha, la grande mosquée du campus universitaire. Je loge dans la mosquée », confie-t-il à RFI.

Trois jours après la fermeture du campus universitaire, aucune négociation n’est engagée entre les deux parties.