Lycéennes de Chibok: frustration et colère de «Bring Back Our Girls»

Des militants du collectif #BringBackOurGirls, à Abuja, lors d'une manifestation, le 21 août 2015. (Photo d'illustration)
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Plusieurs commémorations sont organisées ce vendredi 14 avril au Nigeria pour se souvenir des plus de 200 lycéennes de Chibok. Trois ans jour pour jour après leur enlèvement par Boko Haram, Bring Back Our Girls, le mouvement qui a fait connaître ces lycéennes nigérianes partout au monde, garde l'espoir de les revoir vivantes. Mais ce sentiment d'espoir est teinté de frustration et de colère.

Des militants du comité de soutien « Bring Back Our Girls » ont prévu des rassemblements a Abuja, la capitale, et à Lagos, pour marquer le troisième anniversaire de cet enlèvement collectif.

Ce sont des militants en colère qui font dire que le gouvernement nigérian n’en fait pas assez pour faire libérer ces adolescentes.

« Nous sommes persuadés que son gouvernement ne prend pas le problème suffisamment au sérieux, dénonce Sesugh Akume le porte-parole de Bring Back Our Girls. Nous ne le croyons pas assez déterminé. Nous doutons de sa sincérité. Nous pensons qu’ils pourraient mieux faire. »

Négociations

Le gouvernement nigérian dit être en train de « négocier » avec Boko Haram pour obtenir la libération des lycéennes encore en captivité.

En octobre dernier, 21 filles étaient revenues grâce à des négociations facilitées par le gouvernement suisse et le Comité international de la Croix-Rouge. Les autorités avaient alors dit que 83 autres filles seraient bientôt libérées. Mais les familles sont sans nouvelles depuis six mois.

Les proches des lycéennes et Bring Back Our Girls constatent que les autorités parlent du problème à chaque anniversaire de leur enlèvement. Sesugh Akume résume : ils se réunissent au palais présidentiel et annoncent qu’ils sont en train de faire quelque chose et, dès le lendemain, ils rentrent dans leurs coquilles.