Madagascar: mobilisation après l'enlèvement d'un lycéen français

Jeudi midi, élèves, parents d'élèves ainsi que la communauté des Français d'origine indienne de Madagascar se sont rassemblés devant le lycée français d'Antananarivo pour soutenir la famille de Firoze Nourbhay, enlevé mardi matin 11 avril 2017.
© RFI / Laetitia Bezain

Après l'enlèvement spectaculaire mardi 11 avril d'un lycéen français, un rassemblement a été organisé jeudi devant le lycée français par les parents d'élèves et le collectif des Français d'origine indienne de Madagascar. L'adolescent de 16 ans s'apprêtait à monter dans un bus scolaire dans le quartier d'Ambohibao lorsque six hommes armés de kalachnikovs et de pistolets automatiques l'ont forcé à monter dans une voiture. Un enlèvement qui s'est déroulé devant un groupe de policiers qui n'a rien pu faire.

Ils étaient environ 800 rassemblés sur le parking du lycée français : camarades, parents d'élèves, membres de la communauté française d'origine indienne. Tous sont venus apporter leur soutien à la famille de Firoze Nourbhay.

Parmi eux, Mohamad Ali Houssen, l'oncle de l'adolescent. Il demande aux autorités malgaches d'agir au plus vite pour retrouver son neveu. « On vit dans un pays où l’on est la quatrième génération née à Madagascar. On est des Malgaches et on a le droit d’avoir les mêmes droits que les Malgaches. Notre enfant a été kidnappé, on a le droit qu’on le sauve et qu’on le récupère le plus vite possible », exhorte-t-il.

Cette communauté est très souvent ciblée par des enlèvements. Depuis 2010, 90 Français d'origine indienne ont été enlevés.

« C'est une ligne rouge qui a été franchie »

Mais, cette fois-ci, c'est un nouveau degré de violence qui a été franchi, explique Cherali Pinou, membre du Collectif des Français d'origine indienne de Madagascar. « Qu’on en arrive maintenant à toucher des enfants, c’est une ligne rouge qui a été franchie cette fois-ci, pointe-t-il. Aujourd’hui on compte vraiment sur l’Etat malgache et l’Etat français, et toute la communauté internationale pour nous aider à lutter contre ce fléau qui devient intenable et qui est insupportable. »

Une enquête pour enlèvement et séquestration, association de malfaiteurs et détention illégale d'armes de guerre a été ouverte par la brigade criminelle d'Antananarivo. Le ministère de la Sécurité publique indique que trois hommes, propriétaires successifs de la voiture ayant servi, au rapt ont été arrêtés.

Le ministère français des Affaires étrangères a lui indiqué qu'il est « pleinement mobilisé », sans donner plus de détails.