RDC: Kinshasa suspend sa coopération militaire avec Bruxelles

Membres des FARDC, juillet 2016.
© RFI/Sonia Rolley

La RDC a décidé de rompre sa coopération militaire avec la Belgique. Cette information de nos confrères de Jeune Afrique a été confirmée par le ministère belge de la Défense. Une décision qui intervient dans un contexte de tension entre Bruxelles et Kinshasa.

Avec notre bureau de Bruxelles,

Il est donc confirmé de source belge, qu’à l’initiative de Kinshasa, la coopération militaire belgo-congolaise est suspendue. Le programme de partenariat militaire, conclu entre la Belgique et son ancienne colonie, est axé pour l’essentiel sur la formation.

Selon les années, les forces armées belges ont dépêché jusqu’à une centaine de leurs instructeurs au Congo, où ils ont procédé à la consolidation opérationnelle des 321e, 322e, et - pour partie - 323e bataillons de réaction rapide.

Dans un autre registre, les Belges ont contribué à la création d’unités d’intégration, formées à partir d’éléments provenant de différentes milices dissoutes, en particulier au sein de la 31e brigade. Les futurs officiers, cadres des Forces armées de RDC (FARDC), sont souvent issus de l’École royale militaire à Bruxelles.

Le ministère belge de la Défense nationale diligente actuellement l’inventaire des actions de coopération en cours, afin de rapatrier au plus vite ses instructeurs présents au Congo.

Tour à tour louée et vilipendée par les récipiendaires, la coopération militaire belgo-congolaise est perçue à Bruxelles comme un baromètre fidèle des relations entre les deux pays ; les critiques belges lors de la récente nomination du Premier ministre congolais témoignent donc d’une nouvelle détérioration de ces relations, dont les militaires sont les premiers à faire les frais.

« Une immixtion intolérable dans les affaires » congolaises

Pour le ministre congolais de la Défense, les critiques belges sont inacceptables : « Depuis un certain moment, le gouvernement belge s’est illustré à maintes reprises par une immixtion intolérable dans les affaires à l’intérieur de la RDC, à travers des déclarations insupportables. Nous ne pouvons pas comprendre que lorsqu’on nomme un ministre ou un Premier ministre de la RDC, que le gouvernement belge se mette à se prononcer là-dessus », a réagi Crispin Atama Tabe au micro de RFI.

« Nous allons prévenir la Belgique que ce n’est pas de cette manière que nous pouvons coopérer, ajoute-t-il. Nous devons nous respecter mutuellement. Et dans le cas contraire on se sépare. C’est comme ça que nous allons prendre la mesure de suspendre la coopération dans le secteur de l’armée. Le reste va suivre si ça se poursuit ainsi ».

Le ministre de la Défense tient par ailleurs à rassurer : « Je voudrais vous informer qu’au sein des forces armées nous avons les mêmes compétences qui peuvent prendre la relève pour assurer les mêmes formations. Donc pour nous la perte est insignifiante ».