Sénégal: le Français James Theuri, lièvre au premier marathon de Dakar

James Theuri (à droite) au semi-marathon de Paris en octobre 2006, l'année de sa naturalisation.
© DAMIEN MEYER / AFP

Plusieurs milliers de coureurs sont attendus pour cette première édition du marathon de Dakar. La course de 42,195 km à travers la ville sera menée par celui que l'on nomme le lièvre. Normalement, un lièvre ne court pas pour gagner, mais pour donner le tempo sur une partie de la course. Il peut cependant, parfois, mener la course à son terme. Un rôle a priori ingrat et qui sera tenu demain par un coureur français, mais né au Kenya.

A 38 ans, James Theuri va, comme ses collègues du plateau Elite, les coureurs le plus rapides du peloton, découvrir le marathon de Dakar. Et il est le seul à être assuré de le parcourir en tête. Militaire au 7e bataillon de chasseurs alpins, il aura pour mission d'emmener les favoris au meilleur chrono possible, et surtout de leur ouvrir la route.

« Des fois, quand vous êtes derrière, ou 4e ou 5e, vous ne voyez pas les virages. La plupart ne regardent alors que le lièvre. »

Né à Kanjinji au Kenya, Theuri s'est d'abord fait remarquer en cross country avant sa naturalisation, en février 2006. Espoir du fond français, il concrétise en remportant son tout premier marathon : celui de la baie du Mont-Saint-Michel. Une carrière interrompue par une suspension d'un an en 2015 pour trois contrôles anti-dopage manqués. Redevenu athlète, et pour son 18e marathon ce dimanche, Theuri a conscience d'être le premier promoteur d'une nouvelle épreuve, ici à Dakar.

« Pour eux, je suis content si je fais un bon chrono, et aussi pour la ville. Parce que le marathon de Dakar, si ça descend au niveau chrono, l'année prochaine ou dans deux ans, il y aura de grosses élites. »

Jouer la carte du collectif, avec peut-être en tête l'exemple de Jonah Kipkemoi, l'athlète kényan vainqueur du marathon de Barcelone cette année, alors qu'il était à l'origine venu pour faire le lièvre !