Cameroun anglophone: trois évêques comparaissent devant un tribunal de Bamenda

Des manifestants bloquent une route à Bamenda, le 8 décembre 2016.
© REUTERS/Stringer

Au Cameroun, trois évêques ont été sommés de comparaître, vendredi 21 avril, devant un tribunal de Bamenda pour leur rôle éventuel dans la grève des écoles anglophones. Les parties civiles reprochent aux prélats et à trois directeurs d'établissement catholiques de ne pas être intervenus pour demander aux parents d’envoyer leurs enfants en classe. Les plaignants réclament donc 150 milliards de francs CFA de dommages et intérêts. Cette convocation ou « citation directe » s'inscrit dans la crise qui secoue le Cameroun anglophone depuis plusieurs mois.

La citation directe est tombée il y a quelques jours, en pleine semaine sainte. Six personnalités catholiques, dont trois évêques, sont donc attendues, ce vendredi 21 avril, au tribunal de première instance de Bamenda.

Les parties civiles - un groupe de parents dont les enfants seraient scolarisés dans des écoles catholiques - soutiennent que les prélats n'ont pas tout fait pour assurer la reprise des cours dans les établissements en grève depuis des mois.

Les évêques font valoir de leur côté qu'il n'ont jamais fermé les écoles en tant que tel malgré l'absence des professeurs. Leur avocat, maître Richard Nde, assure que les évêques n'ont rien à se reprocher : « Le procès pour moi est un peu politique parce qu’au fond on a rien dans nos dossiers. Il n’y a rien de concret. Il n’y a que l’intérêt de l’argent et l’aspect politique (...). »

En février, la conférence épiscopale de la province de Bamenda avait souligné, dans un communiqué, que cet arrêt de travail était symptomatique d'une profonde crise « sociopolitique ». Les évêques avaient alors soutenu que les arrestations, la torture et la fermeture d’internet avaient aggravé la situation.

Les relations entre l’Etat et l’Eglise restent donc tendues même si le président Paul Biya a été reçu, le mois dernier, par le pape au Vatican.