Au Gabon, le dialogue politique «entre dans le dur»

L'opposant Pierre-Claver Maganga Moussavou (g), fondateur du Parti social démocrate (PSD), à Libreville, le 31 octobre 2012.
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Le dialogue politique reprend après cinq jours de pause. Les partis politiques sont, à partir de ce mardi 18 avril, face à face pour négocier des réformes destinées à réconcilier le pays après la dernière crise postélectorale. Quelque 200 participants appartenant à la majorité et une partie de l'opposition seront répartis au sein de quatre commissions paritaires. Les débats doivent durer jusqu'au 10 mai et porteront notamment sur de profondes réformes politiques et institutionnelles.

Les sujets sur la table sont sensibles. Beaucoup rappellent la dernière crise électorale. Ils touchent notamment au nombre et à la durée du mandat présidentiel, au fonctionnement de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale ou encore à la collecte des résultats électoraux. « Ces sujets touchent au cœur du pouvoir », reconnaît l'opposant Pierre-Claver Maganga Moussavou.

Pour Faustin Boukoubi, chef de file de la majorité, les recommandations des citoyens « constituent une source d'inspiration », sans en dire plus sur les propositions du Parti démocratique gabonais (PDG).

Le coprésident du dialogue admet néanmoins qu'il existe des intérêts de pouvoir derrière ces questions. Mais pour lui « le jeu politique doit être subordonné à l'intérêt général, sinon, dit-il, ça ne sert à rien de dialoguer ».

En cas de blocage il compte d'ailleurs sur les facilitateurs. D'abord les quatre principaux leaders religieux du pays, et d'autres, extérieurs, comme le Mauritanien Mohamed El Hacen Ould Lebatt, envoyé par l'Union africaine.

Au final, chaque résolution du dialogue devrait être intégrée dans la législation. L'opposant Pierre-Claver Maganga Moussavou estime qu'il faudra être pragmatique pour obtenir des consensus.

Le fondateur du Parti social démocrate (PSD) propose par exemple une Cénap (commission électorale) provisoire, en place six mois avant chaque élection, ou encore des mandats présidentiels illimités, mais renouvelables une seule fois à la suite « pour ne pas faire miroiter une présidence permanente », dit-il.