RDC: un nouveau chef pour Kamuina Nsapu, les discussions se poursuivent

Le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary accueilli à Kananga à la descente de l'avion par le vice-gouverneur du Kasai Central, Justin Milonga.
© RFI / Sonia Rolley

Le nouveau chef coutumier Kamuina Nsapu est attendu aujourd'hui à Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo. Il y a neuf mois, le précédent chef s'était révolté contre les autorités qui refusaient de le reconnaître. Il avait été tué en août et depuis, les violences n'ont pas cessé d'empirer. Au moins 500 morts dans les régions du grand Kasaï, 600 000 déplacés. Le vice-Premier ministre est actuellement en visite dans la région, pour la deuxième fois en deux mois. Et les discussions avec la communauté Kamuina Nsapu ont permis certaines avancées.

Comme promis il y a déjà plus d'un mois, le corps du chef Kamuina Nsapu a été remis à sa famille. C'était une condition essentielle pour les proches du chef coutumier, d'abord pour pouvoir l'enterrer selon les traditions et pour pouvoir lui choisir un successeur.

Après deux jours de discussions très discrètes, la famille régnante a désigné Jacques Kabeya wa Ntumba, et en a profité pour appeler au calme. Thomas Nkashama, le frère du nouveau chef coutumier, explique que le conflit n'a plus lieu d'être.

« On ne peut pas rester dans cette guerre qui ne profite à personne. Parce que notre guerre avait un objectif, que l'on puisse reconnaître le pouvoir de Kamuina Nsapu. Parce que Kamuina Nsapu ce n'est pas n'importe qui. Nous avons donné notre cahier des charges. L'Etat est en train de l'exécuter. Donc pour nous c'est la fin du conflit. »

Dans ce cahier des charges figure la possibilité pour les miliciens ayant rendu les armes d'intégrer l'armée ou la police s'ils le souhaitent. Le vice-Premier ministre, Emmanuel Ramazani Shadari, n'exclut pas cette option.

« Les membres du gouvernement vont descendre ici la semaine prochaine. Je pense qu'ils vont faire l'évaluation des demandes. Ils y ceux qui veulent devenir maçon, ceux qui veulent entrer dans la police. Tout cela, on l'évalue. Il n'y a pas de barrière. »

Le vice-Premier ministre congolais lance aussi un avertissement très clair à tous ceux qui continueraient à commettre des violences : ils seront traités comme des terroristes.