RDC: le nouveau chef des Kamuina Nsapu attendu prochainement dans le Kasaï

La ville de Kananga au Kasaï-Central en RDC.
© Monusco/Myriam Asmani/Wikimedia commons

En RDC, dans le Kasaï, le conflit va-t-il s'apaiser après la désignation d'un nouveau chef coutumier pour la communauté, Kamuina Nsapu, dont la révolte a entrainé le début des violences ? Son leader a été tué, en août et sa famille a désormais choisi un successeur. Il devrait arriver dans les prochains jours à Kananga pour y être intronisé et adoubé par le pouvoir central.

Il y a eu des avancées concernant le conflit dans le Kasaï. Comme promis, les restes du chef coutumier Kamuina Nsapu ont été remis à sa famille samedi qui a donc pu l’enterrer dimanche selon la tradition. Ces obsèques ont rendu possible la désignation d’un successeur. La famille s’est accordée sur le nom de Jacques Kabeya wa Ntumba.

Ce dernier se trouve encore à Kinshasa. Il doit prendre l’avion dans les prochains jours afin d’être intronisé lors d’une cérémonie traditionnelle dans son village. Ensuite, le vice-Premier ministre doit prendre un « arrêté » reconnaissant l’autorité du nouveau chef. Un arrêté d’une importance particulière, car c’est bien la reconnaissance par l’Etat que réclamait le chef Kamuina Nsapu au déclenchement de l’insurrection.

Appel au calme

Cette étape, pour la famille Namuina Nsapu, devrait mettre fin aux violences dans le Kasaï. Ses revendications ont été satisfaites et le nouveau chef a déjà appelé au calme. Mais depuis l’été dernier, l’insurrection s’est beaucoup transformée : la contestation a gagné cinq provinces et affecté 1,5 million de personnes. On compte des centaines de morts, des fosses communes ont été découvertes.

Selon les observateurs, c’est un mécontentement général qui s’exprime dorénavant. Si le nouveau chef peut refuser que le nom de Kamuina Nsapu soit associé à la révolte, il n’est pas certain qu’il parvienne à convaincre tous ceux qui ont pris les armes. Le vice-Premier ministre a déjà prévenu ceux qui refuseront : ils seront traités comme des terroristes.