Tunisie: les islamistes radicaux du «parti de la libération» ont tenu congrès

Abderraouf Amri, président du bureau politique du parti islamiste radical de Hizb et-Tahrir, le 15 avril 2017, lors du congrès du parti, à Ariana, dans la banlieue de Tunis.
© FETHI BELAID / AFP

En Tunisie, un petit parti islamiste très radical tenait son congrès ce week-end. Hizb et-Tahrir, « le parti de la libération », a réuni quelques centaines de personnes près de Tunis, avec le programme suivant : rejet de la démocratie et de la république, et appel à l'instauration d'un califat islamique dans le pays. Le parti est né dans les années 1980 en Tunisie. Il n'a été autorisé qu'en 2012, après la révolution. Mais ces derniers mois, les autorités tunisiennes ont cherché plusieurs fois à l'interdire, ou à limiter ses activités.

Face à ce petit parti radical, qui n'a pas de députés à l'Assemblée, l'exécutif tunisien a le choix entre deux options : autoriser Hizb et-Tahrir à garder une existence légale, ce qui lui permet aussi de plus facilement le surveiller, ou bien interdire le parti, pour montrer sa fermeté vis-à-vis des extrémistes.

Le gouvernement n'a pas interdit le congrès de ce week-end, mais il avait tenté de le faire l'an dernier. Une décision de justice avait au dernier moment levé l'interdiction. Malgré cela, les forces de l'ordre avaient dans les faits empêché la tenue du meeting.
Même scénario cet été, où le parti a été brièvement suspendu, suspension finalement levée elle aussi par la justice.

Depuis sa légalisation, après la révolution de 2011, le parti a un peu élargi son audience. Aujourd'hui, la stratégie de modération menée par le parti islamo-conservateur Ennahdha, majoritaire à l'Assemblée, a pu aussi pousser ses sympathisants les plus radicaux à se tourner vers des partis comme Hizb et-Tahrir. Mais son influence reste bien moindre que celle de mouvements extrémistes comme Ansar al-Charia en 2012.