Afrique du Sud: le vice-président Ramaphosa prend ses distances avec Zuma

Le vice-président sud-africain, Cyril Ramaphosa (ici le 11 août 2014).
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

L'opposition politique maintient la pression sur le président Jacob Zuma. Elle réclame la démission du chef de l'Etat depuis son remaniement ministériel controversé il y a plus de deux semaines. Mardi 18 avril, le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique a une nouvelle fois manifesté. Cette fois-ci dans la province du Limpopo. Une manifestation à laquelle les autres partis d'opposition ne se sont pas joints. Pendant ce temps, les dissensions entre le chef de l'Etat et son vice-président Cyril Ramaphosa se font sentir.

Alors que l'Afrique du Sud défile dans les rues, Cyril Ramaphosa prend ses distances face au chef de l'Etat. La semaine dernière, le président Zuma qualifiait les manifestations contre lui de « racistes », affirmant qu'elles étaient pilotées par la minorité blanche.

Interrogé sur le sujet le week-end dernier, le vice-président Cyril Ramaphosa a au contraire appelé à écouter les manifestants. « Les Sud-Africains descendent dans la rue pour exprimer leurs inquiétudes. Et je pense que nous les leaders, nous devrions écouter les gens et réfléchir aux préoccupations qu'ils expriment. Car la démocratie appartient au peuple et non aux leaders. »

Il y a deux semaines déjà, alors que le chef de l'Etat remaniait son gouvernement, Cyril Ramaphosa s'y était publiquement opposé. Une première dans les relations entre les deux hommes.

Selon les analystes politiques, Ramaphosa doit se distancer du chef de l'Etat. Le président Zuma ne soutiendra pas la candidature de son vice-président pour lui succéder à la tête de l'ANC. Il a déjà choisi son ex-femme Nkosazana Dlamini Zuma.

Et pour avoir une chance de remporter l'investiture, Ramaphosa doit s'affirmer et se présenter comme le candidat en rupture avec le politique du chef de l'Etat.