Migrants: «Plus l'Europe hausse le ton, plus le marché favorise les passeurs»

Une embarcation remplie de candidats à l'exil en Europe dérive en mer Méditerranée, au large de la Libye, le 2 janvier 2017.
© REUTERS/Yannis Behrakis/File Photo

Au moins vingt migrants qui avaient quitté la Libye dans l’espoir de gagner l’Europe en bateau ont péri en mer Méditerranée, ce dimanche 16 avril. Un photographe de l’agence Reuters qui était à bord du Phoenix, un bateau de l’ONG Moas qui tentait de leur venir en aide, dit avoir compté vingt corps. Le nombre de migrants qui passent par la Libye pour rejoindre l’Europe ne cesse d’augmenter. Cette hausse est aussi due à la situation politique en Europe, selon Samer Haddadin, le responsable du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) à Tripoli.

Les gens continuent de venir en Libye pour différentes raisons. Certains pour des raisons économiques, d'autres parce qu'ils ont besoin de protection ; c'est le cas des demandeurs d'asile. Dans les deux cas de figure, plus les politiques en Europe haussent le ton, plus le marché est favorable aux passeurs. Je m'explique. Aujourd'hui, un passeur libyen peut très bien dire à ses victimes : "Si vous ne partez pas aujourd'hui, alors que l'Europe est encore relativement facile d'accès, vous ne pourrez pas le faire demain." "Ecoutez ce que disent tel ou tel politique européen! Ils promettent de faire adopter des lois pour que ce soit encore plus difficile pour vous d'aller en Europe." Autrement dit, les passeurs font valoir que si les candidats à l'immigration ne partent pas maintenant, ils ne pourront pas le faire l'année prochaine. C'est une technique de marketing.
Samer Haddadin, responsable du Haut-Commissariat aux réfugiés à Tripoli
18-04-2017 - Par RFI