RDC: émoi après l’assassinat d’un médecin proche de Denis Mukwege

(Illustration) A Bukavu, le 26 novembre 2014, Martin Kobler a visité l’hôpital Panzi du Dr Denis Mukwege au moment où il recevait le Prix Sakharov 2014 pour la liberté de l'esprit au Parlement européen.
© MONUSCO/Abel Kavanagh

En République démocratique du Congo (RDC), c’est la consternation après la mort du docteur Gildo Byamungu. Ce gynécologue obstétricien de l'hôpital d'Uvira, dans le nord-est du pays, a été retrouvé mort vendredi dernier. C'était un proche du célèbre docteur Denis Mukwege, celui qu'on surnomme « l'homme qui répare les femmes ». Après ce décès, à Bukavu, la société civile se mobilise.

Les klaxons ont résonné ce mardi midi dans la ville de Bukavu en mémoire du docteur Gildo Byamungu. Un appel à la grève circule dans les hôpitaux et ce mercredi, les personnels soignants sont appelés à manifester pour que toute la lumière soit faite sur cet assassinat. Ils demandent aussi des mesures pour assurer leur sécurité quotidiennement menacée, selon l’ordre des médecins.

On sait encore peu de choses encore sur le meurtre du directeur de l’hôpital de Kasonga. Les faits se sont déroulés ce vendredi à Uvira. Le docteur Gildo Byamungu se trouvait chez lui dans sa parcelle lorsque des hommes armés ont escaladé le mur et ouvert le feu, à trois reprises, avant de prendre la fuite avec quelques objets de valeur.

Le docteur est alors arrivé dans un état critique à l’hôpital d’Uvira. Les médecins ont alors décidé de l’évacuer vers Bujumbura, mais le passage de la frontière leur a été refusé. Le convoi a fait demi-tour, mais à son retour à l’hôpital d’Uvira, il était déjà trop tard.

Protection policière retirée

Gildo Byamungu était gynécologue obstétricien. C’était un proche du docteur Denis Mukwege, victime d’une tentative d’assassinat en 2012 dans des circonstances très similaires. D’ailleurs, comme lui, Gildo Byamungu vivait sous protection policière. Une escorte qui venait tout juste de lui être retirée. Pourtant, selon des proches, il avait déjà reçu des menaces de mort et l’hôpital d’Uvira a déjà été attaqué cette année.

Le vice-gouverneur du Sud Kivu dit tout mettre en œuvre pour faire aboutir les enquêtes et traduire les criminels devant la justice.

L’ordre des médecins quant à lui dénonce « l’impunité » qui règne dans la région, notamment pour les crimes contre les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les personnels soignants.

Il y a une répression – je ne sais comment l’appeler – de la part du gouvernement. Lorsque tu essaies de faire un peu quelque chose ou d’élever la voix, tu es directement menacé.
Justine Masika
18-04-2017 - Par Léa-Lisa Westerhoff