Reprise du dialogue politique au Gabon

Le président gabonais Ali Bongo lors d'un discours, le 28 mars 2017 à Libreville.
© AFP/Steve Jordan

Finie la pause au Gabon, après cinq jours d'interruption, le dialogue politique entre dans le dur ce mardi. Il entre en effet dans sa phase concrète. Ce dialogue voulu par le président Ali Bongo est censé réconcilier le pays après la dernière crise postélectorale. Quatre commissions paritaires vont être élues, le bureau va se réunir et les débats pourront commencer. Environ 200 délégués du pouvoir et d'une partie de l'opposition seront face à face.

L'objectif c'est d'apaiser un pays encore divisé après la dernière crise. L'ancien candidat, Jean Ping, ne reconnaît pas sa défaite. Le passif de cette crise n'est toujours pas digéré par son camp et une partie de la population. Donc les autorités voulaient un dialogue avec leurs détracteurs, pour poser les problèmes et adopter des réformes. Le président Bongo souhaitait un rendez-vous inclusif. Il a échoué puisque Jean Ping et son camp boycottent l'événement. Certes, quelques opposants ont fait défection, mais les ténors eux ont respecté le mot d'ordre.

Il n'empêche, aujourd’hui, c'est bien Ali Bongo qui exerce le pouvoir. Donc son dialogue a des chances d'aboutir à des actes concrets. D'ailleurs, ce sont des réformes profondes qui sont discutées : mandats présidentiels, fichier et découpage électoraux, institutions. En sachant que les résolutions du dialogue doivent être intégrées aux lois gabonaises.

Décider des réformes

Cette phase politique fait suite à une phase citoyenne durant laquelle plus de 1 200 organisations et personnalités se sont exprimées pour donner leur vision du pays et faire des propositions. Cette phase a abouti à une série de recommandations importantes touchant surtout à la politique et aux institutions et qui montrent une volonté de diminuer l'influence du pouvoir exécutif, d'aller vers plus de transparence et vers un renouvellement des postes importants.

Exemple : des mandats présidentiels de cinq ans au lieu de sept, avec deux mandats maximum et une élection à deux tours au lieu d'un seul. Mais encore, des juges de la Cour constitutionnelle choisis par leurs pairs. Une présidence tournante à la Commission électorale ou encore des résultats électoraux proclamés le soir même devant chaque bureau de vote.

Tout cela rappelle les polémiques issues de la dernière crise. Maintenant, ce sont les partis qui ont désormais la main pour faire valider les réformes. Or ils ont leurs propres propositions et il ne faut pas oublier les enjeux de pouvoir entre les deux camps.