Mauritanie: libération des dix jeunes arrêtés après une manifestation

Vue aérienne de Nouakchott, Mauritanie.
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Les dix jeunes arrêtés dimanche 16 avril en marge d’une tentative de rassemblement en Mauritanie ont été libérés jeudi soir 20 avril après une comparution en flagrance devant le tribunal de Nouakchott. Ils s’étaient réunis afin de réclamer plus de place pour la jeunesse mauritanienne dans les institutions, une simplification de l’enrôlement électoral, l’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé.

Ils s’étaient rassemblés dimanche 16 avril pour demander plus de place pour les jeunes dans la société mauritanienne. Mais avant même d’avoir débuté, la marche a été dispersée par les forces de l’ordre. Les jeunes affirmaient avoir présenté une demande d’autorisation en bonne et due forme et que les autorités n’avaient pas pris la peine d’y répondre.

Les dix jeunes étaient donc accusés de participation à une manifestation illégale et agression de la force publique. Ce qu'ils niaient fermement. Certains affirmaient même qu’ils ne se trouvaient pas sur les lieux au moment de la marche.

Les jeunes risquaient jusqu’à trois années de prison. Après une comparution en flagrance devant le tribunal correctionnel, neuf d'entre eux ont été acquittés. Seule une personne, l'organisatrice du sit-in a été condamnée à trois mois avec sursis pour organisation d'un attroupement non autorisé. Mais elle reste libre.

Leurs avocats, notamment la présidente de l'Association mauritanienne des droits de l’homme, Fatimata Mbaye, se sont dit soulagés de ce verdict.

C'est un soulagement, d'autant plus qu'il y a eu des jeunes avant ce groupe-là qui avaient aussi fait des manifestations et qui avaient été condamnés à des peines plus lourdes.
Fatimata Mbaye
21-04-2017 - Par Léa-Lisa Westerhoff

Vingt-trois personnes accusées de manifestation illégale l’été dernier avaient fait l'objet de la même procédure. Leurs avocats affirmaient que leurs clients n’étaient pas sur les lieux au moment des faits. Accusés également d’agression envers la force publique, ils avaient été condamnés à des peines de 3 à 15 ans de prison ferme.