RCA: tous les groupes armés se réunissent pour parler désarmement

Miliciens armés dans le village de Boguila, RCA, en mars 2014.
© AFP PHOTO/SIA KAMBOU

En Centrafrique, les 14 groupes armés que compte le pays se sont retrouvés ce jeudi 20 avril pour la première fois autour de la table du Comité consultatif de suivi chargé de piloter le programme de désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR). Le président centrafricain Touadéra a promis qu’il n’y aurait pas de sujet tabou.

C’est dans la grande salle de cinéma du palais présidentiel que s’est tenue cette séance d’ouverture du comité de suivi du DDR. A la tribune, Lambert Lissane, le représentant du FPRC de Noureddine Adam, a rappelé pourquoi son groupe avait refusé de participer aux précédentes réunions, notamment en raison de campagnes médiatiques mensongères, a-t-il affirmé.

C’est ensuite Maxime Mocome, le chef d’une branche des anti-balaka, qui s’est exprimé devant l’assemblée, justifiant ses précédents refus de participer au Comité consultatif au nom du droit à la résistance contre la répression. En affirmant désormais qu'il faut que la guerre cesse en Centrafrique.

Après cette première journée solennelle, les participants doivent entrer dans le vif du sujet ce vendredi. Mais le détail des points qui fâchent, à savoir le nombre d'éléments de chaque groupes reversés dans les forces de défense et de sécurité et le volume d'éléments renvoyés dans leurs communautés, seront discutés plus tard. Selon les estimations du gouvernement, le programme DDR concernerait environ 5 000 combattants. La grande majorité serait accompagnée vers un retour à la vie civile. Une minorité, 10 à 20 %, seraient reversée après évaluation dans les corps en uniformes (armée, police, gendarmerie, etc.). Un programme test concernant 500 combattants doit être discuté dès ce vendredi.

Mais les dissonnances se sont déjà fait entendre à la tribune. Le FPRC n'est pas d'accord avec les conditions d'éligibilité des combattants démobilisables et intégrables aux corps en uniformes. Conditions fixées par le Forum de Bangui en 2015. « Le FPRC conditionne sa participation effective à la signature préalable d'un accord politique », martèle Lambert Lissane, le représentant du mouvement de Noureddine Adam. Celui-ci prévoirait notamment des postes dans les administrations, voire au gouvernement et pourquoi pas des amnisties.

Cette question d’amnistie paraît tout de même peu probable alors que la communauté internationale continue de militer contre et que cette affaire avait été exclue par tous les signataires lors du Forum de Bangui il y a deux ans.

Les anti-balaka de Maxime Mocome critiquent quant à eux le nombre trop faible selon eux de places réservées aux combattants dans les corps habillés. Les discussions s'annoncent donc longues et difficile, d'autant que sur le terrain les combats se poursuivent entre la coalition dirigée par le FPRC et l'UPC dans l'est du pays.