Madagascar: l'adolescent français enlevé libéré mais le mystère reste entier

Elèves, parents d'élèves ainsi que la communauté des Français d'origine indienne de Madagascar se sont mobilisés après l'enlèvement de Firoze Nourbhay devant son lycée le 11 avril 2017.
© RFI / Laetitia Bezain

A Madagascar, grand soulagement au sein de la communauté française : l’adolescent de 16 ans, un Français, kidnappé mardi 11 avril, a été libéré jeudi soir 20 avril, après avoir passé neuf jours aux mains de ses ravisseurs. Mais 24 heures après sa libération, une grande opacité règne toujours autour de cette affaire. Et d’après des sources bien informées, la lumière n’est pas près d’être faite : il semble qu’une certaine omerta plane sur ces enlèvements.

C’est par informations interposées et textos des proches de la victime que les enquêteurs ont été informés de la libération de Firoze Nourbhay, l’adolescent français d'origine indienne, kidnappé de manière spectaculaire sur la voie publique il y a dix jours. « Physiquement, il va bien, a confié un membre de son entourage, mais psychologiquement, il est complètement bouleversé. »

Cet enlèvement de Français est le troisième sur la Grande Île depuis début 2017. Mais le énième d’une longue série ces dernières années. Comme lors des cas précédents, la libération a été conditionnée au versement d’une rançon. Et tout comme dans les cas précédents, la famille a été la seule à négocier directement avec les ravisseurs. Sur le banc de touche, l’ambassade de France et les enquêteurs de la brigade criminelle.

Une situation que regrette Jean-Rostand Rabialahy, le directeur de cabinet au ministère de la Sécurité publique. « Tant qu’il n’y aura pas de réelle collaboration entre la famille et les forces de police, il sera difficile, affirme-t-il, d’éradiquer ces actes de kidnapping sur notre île. »

Alors pourquoi une telle réticence à coopérer avec les enquêteurs ? Un membre du Collectif des Français d’origine indienne à Madagascar avance une réponse : « Sur des dizaines et des dizaines de cas d’enlèvement, jamais aucun commanditaire n’a été inquiété, et ce même si des plaintes ont été déposées. Les auteurs de ces kidnappings, continue-t-il, ont mis en place des stratégies militaires auxquelles la police judiciaire ne peut faire face, faute de moyens. Les familles préfèrent donc gérer la situation elle-même, pour ne pas mettre en danger la personne séquestrée. »

Le collectif encourage néanmoins la famille à déposer plainte, « pour ne pas, dit-il, par son silence, cautionner cet acte criminel. » Car, d’après un autre membre du collectif, « que ce soit des règlements de compte entre personnes de notre communauté ou non, l’Etat doit sévir. »

Vendredi soir, la famille de l’adolescent n’avait toujours pas porté plainte.