Le Rwanda à son tour victime de la chenille légionnaire

Une Rwandaise dans un champ de pommes de terre, au Mont Bisoke, près de Musanze.
© Getty Images/Lonely Planet Images/Ariadne Van Zandbergen

La chenille légionnaire progresse en Afrique de l’Est. Après l’Ouganda, le Kenya c’est au tour du Rwanda d’être touché par une invasion de ce ravageur qui s’attaque aux cultures. Selon l'Office rwandais de l'agriculture (RAB), la totalité des 30 districts du pays est touchée à différents degrés. L’insecte s’attaque essentiellement au maïs. La chenille légionnaire inquiète dans un pays ou près de 80% de la population dépend de l’agriculture même si les autorités assurent que la menace est sous contrôle.

Jacqueline Urayeneza écarte les feuilles d’un pied de maïs et attrape une petite chenille qu’elle écrase entre deux doigts. Puis d’un geste, l’agricultrice arrache la plante et la jette au loin. « Juste bonne à donner à manger aux chèvres », soupire-t-elle.

Du champ de maïs d’au moins trois hectares, situé à Kimironko en périphérie de Kigali, il ne reste plus grand-chose : « Lorsque la chenille rentre dans le maïs, elle grignote tout l’intérieur. Vous voyez tous ces maïs ont été ravagés, seuls quelques-uns plus au loin ont été épargnés ».

Une saison de perdue

A ces côtés, Sandrine une autre cultivatrice, mère de six enfants, se lamente sur sa récolte perdue. « A cette saison, les agronomes du gouvernement nous ont dit de seulement planter du maïs. Certains ont planté en plus des haricots illégalement. Mais ce n’est pas mon cas ».

La chenille légionnaire a fait son apparition en février dans le sud-ouest du Rwanda avant de se propager. Vendredi, l’armée rwandaise avait acheminé de l'insecticide par hélicoptère en différents endroits du pays et estimé que l’insecte était devenu « une réelle menace pour la sécurité alimentaire nationale ».

L’invasion est désormais « sous contrôle », car les autorités ont pu intervenir à temps et la situation n’est pas mauvaise, a assuré jeudi Telesphore Ndabamenye, le responsable en charge de la sécurité alimentaire à l'Office rwandais de l'agriculture.