Droits de l'homme en Ethiopie: le Parlement charge l'opposition

Des agents de police à Bishoftu, au sud-est d'Addis-Abeba, le 2 octobre 2016.
© Zacharias ABUBEKER / AFP

En Ethiopie, deux jours après sa présentation devant le Parlement mardi, le rapport de la Commission des droits de l'homme a été endossé par les députés. Et le Parlement, largement dominé par les partisans de la coalition au pouvoir, a recommandé que des mesures soient prises contre les auteurs des violences qui ont marqué les deux dernières années, y compris - même si c'est encore timide - parmi les forces de sécurité.

C'est une bonne manière de comprendre quelle lecture le gouvernement éthiopien fait de l'agitation populaire qui a tué plusieurs centaines de manifestants ces deux dernières années.

Dans sa résolution, le Parlement reconnaît que la mauvaise gouvernance, la marginalisation et la pauvreté ont joué un rôle dans les émeutes. Mais il met surtout l'accent sur les responsabilités de certains partis politiques d'opposition dans la contestation.

Sont visés particulièrement le libéral Blue Party et le Congrès fédéraliste oromo, le parti autonomiste du professeur Merere Gudina, aujourd'hui en prison. Tous deux sont accusés d'avoir joué « un rôle trouble » dans les manifestations dans ville de Bahir Dar et en région oromo, respectivement.

Le Parlement recommande également que justice soit faite dans la région des nations, nationalités et peuples du Sud, notamment dans la ville de Gedeo, où des violences à caractère ethnique avaient eu lieu en octobre 2016.

Mais - c'est là le point le plus nouveau dans un pays aussi secret que l'Ethiopie - les députés appuient aussi l'idée qu'il va s'agir désormais de traduire en justice les membres des forces de sécurité qui ont fait un usage excessif de la force.

Ethiopie: un rapport dresse le bilan des violences en pays Oromo et Amhara

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