Soudan du Sud: l'opposition accuse les autorités de se livrer à un «génocide»

Des femmes déplacées sud-soudanaises dans un camp près de Kodok, dans le nord-est du pays, le17 avril 2017.
© REUTERS/Jok Solomun

Au Soudan du Sud, l’opposition accuse les autorités de chercher à exterminer les populations n’appartenant pas à l’ethnie Dinka. Une coalition de partis politiques, y compris la faction dissidente du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), fidèle à l’ex-président Riek Machar, assure que les violences en cours s’apparentent à un «génocide».

Le conflit au Soudan du Sud a une dimension ethnique depuis le début. Encore récemment, l’armée régulière et des milices dinkas se seraient livrées à des représailles contre des civils non-dinkas.

Ces violences ont pris une telle ampleur qu’une coalition de l'opposition accuse le président Salva Kiir de chercher à exterminer les minorités n’appartenant pas à l’ethnie Dinka.

Dans un communiqué, l’opposition assure qu’un « génocide » est en cours. Hakim Dario, le président du Mouvement populaire démocratique (PDM) est l’un de ses signataires. « Ces atrocités s'apparentent à un nettoyage ethnique. Les preuves que des meurtres de masse ciblant des groupes ethniques ont été commis sont de plus en plus accablantes », affirme-t-il.

Des crimes des deux côtés

Les défenseurs des droits de l’homme constatent que la situation ne cesse de se dégrader au Soudan du Sud, mais ils soulignent que l’opposition a elle aussi du sang sur les mains.

« Il est très clair que l’ethnicité joue un rôle dans les violations dont on est témoin au Soudan du Sud, estime Jonathan Pedneault, chercheur à Human Rights Watch. Pour l’instant, de notre côté, nous n’avons pas les éléments de preuves suffisants pour déterminer qu’il y a bel et bien un génocide au Soudan du Sud comme le laissent entendre les partis de l’opposition. »

Il ajoute : « Ces allégations sont dans l’air depuis longtemps. Le conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies pour la prévention du génocide avait au mois d’octobre émis ces craintes qu’un génocide était possiblement en préparation au Soudan du Sud. Il y a également eu les commissaires indépendants du Conseil des droits de l’homme qui ont exprimé ces craintes, rappelle Jonathan Pedneault. Donc il est très clair que ces termes qui ont été lancés par ces lanceurs d’alerte, ces officiels onusiens, ont sans doute été récupérés par ces mouvements d’opposition qui voient là une manière d’attirer l’attention sur les crimes très graves qui ont été commis par le gouvernement et qui continuent d’être commis par le gouvernement. Mais qui sont également commis par l’opposition. Il ne faut pas perdre ça de vue. »

L’ONU rapporte que les plus récents combats ont forcé 100 000 habitants de la région de Jonglei à fuir. Selon le dernier rapport d’Ocha, les violences pourraient aggraver la crise alimentaire dans un pays qui est déjà au bord de la famine.

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