Les Africains, observateurs curieux de l'élection française

Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux finalistes du premier tour de l'élection présidentielle française, le 23 avril 2017.
© REUTERS/Christian Hartmann

Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Ce sera donc l'affiche du second tour de l’élection présidentielle en France. Au Sénégal, le premier tour de ce scrutin à été peu suivi. Et à l'annonce des résultats, force a été de constater que très peu d'habitants de Dakar connaissaient les deux vainqueurs de ce premier tour. 

Au Sénégal

« Moi, je ne sais rien de cette présidentielle, Monsieur », s'excuse un Sénégalais au micro de notre correspondant à Dakar. Peu d'émissions en direct, peu de réactions. Le Sénégal semble avoir pris ses distances avec la politique française. Il faut chercher pour trouver des habitants, comme Hassan, qui suivent la soirée électorale : « C’est ce qu’on attendait un peu. Les médias ont porté Macron. Marine Le Pen se consolide par rapport à 2012, par rapport à son père. Donc c’est normal ».

Souleymane, taximan, est heureux lorsqu'il apprend la qualification d'Emmanuel Macron : « Ah bon, c’est bien ça. Ça, c’est mon candidat. C’est magnifique ». Les Sénégalais, interrogés dans la rue, connaissent mal Marine le Pen : « Qui c'est Marine Le Pen ? ».

Marine Le Pen a néanmoins des soutiens comme Lamine, jeune commerçant  : «C’est une dame. Elle est brave. Des problèmes de racisme ? Non je ne pense pas. Elle est juste dure, c’est une dame de fer ». Visiblement peu convaincu par ce premier tour, Clément conclu : « On s’y attendait. Peut-être que la France a besoin d’un sang jeune. Ça répond aux attentes du peuple français. Si les Français choisissent Marine Le Pen ou Manuel Macron, ça n’engage que les Français ».

■ Au Cameroun

Dans la famille Olama au quartier Bastos à Yaoundé, ce premier tour de la présidentielle française a été suivie avec un réel intérêt. Dimanche soir devant la télé, toute la famille est réunie. Blaise, 23 ans et étudiant à Sciences Politiques. Il s'enthousiasme du vote en faveur d'Emmanuel Macron : « C'est évident que le parcours, le cas d'Emmanuel Macron est un parcours qui parle beaucoup aux Africains, aux Camerounais. Ce d'autant plus qu'au Cameroun, on a des dirigeants qui sont au pouvoir depuis Mathusalem, qui ont l'âge que vous savez et qui visiblement n'ont pas l'intention de bouger, d'abandonner quoi que ce soit».

Ailleurs dans la ville, notamment dans la rue, Marine Le Pen, arrivée deuxième de ce premier tour inspire méfiance: « Elle, elle est tellement "raciale", un peu xénophobe, ca fait que nous avec elle, nous les Africains, on ne peut pas se sentir à l'aise ». Cependant, sur les chances de la candidate du Front national d'accéder à l'Elysée, l'observateur yaoundéen trouvera un remake de 2002 : « Je crois que les Français vont réagir comme ils l'ont fait quand Jospin a perdu le premier tour et qu'ils étaient derrière Chirac pour empêcher Le Pen de passer. Marcon est plus porté vers l'avenir. Avec lui, l'Afrique peut faire mieux».

■ En Côte d'Ivoire

Nous assistons à une recomposition de la scène politique française et partout dans le monde. Quand on regarde aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, il y a quelque chose qui se passe...et même chez nous...si on ne fait pas attention, on va être surpris tous les jours. Y a une nouvelle donne qui s'installe.
Venance Konan, journaliste ivoirien
24-04-2017

 

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