RDC: signature de l’arrangement particulier sans les ténors de l’opposition

Le palais du peuple, le parlement congolais.
© RFI/Habibou Bangré

En République démocratique du Congo, au palais du peuple, le Parlement, doit avoir lieu ce jeudi la signature annoncée de l'arrangement particulier. Près de quatre mois après l'accord dit du 31 décembre entre majorité et opposition, cet arrangement était attendu pour organiser concrètement le partage du pouvoir et la gestion de la transition jusqu'à des élections. Sauf que le Rassemblement de l'opposition accuse le président Kabila d'avoir purement et simplement liquidé cet accord, notamment en nommant Premier ministre Bruno Tchibala, exclu de la coalition de l'opposition.

« Mascarade, tricherie », les qualificatifs du Rassemblement de l'opposition sont nombreux et peu flatteurs. La conséquence en tout cas c'est que la signature de cet arrangement particulier se fera à priori en l'absence de ces ténors de l'opposition. Positions plus ambigües pour le reste de l’opposition. Le parti de Jean-Pierre Bemba, le MLC, la deuxième force de l'opposition au Parlement notamment, était encore en négociations ce jeudi matin.

Leur principal argument est de dire que le texte à signer est totalement différent du celui qui avait été proposé par les médiateurs de l'Eglise catholique et débattu par les 32 signataires. Des termes clefs, notamment sur la façon de désigner le Premier ministre et le président du Conseil de suivi de l'accord, ont été modifiés, selon eux. Résultat pourquoi ne pas un nouveau débat ou de nouvelles consultations ? Mais une signature impossible, selon le Rassemblement. Il s'offusque aussi de la méthode. Pourquoi passer tout à coup par les deux chambres plutôt que par les médiateurs de la Cenco ?

Du côté de la majorité, il n'y a pas de problème. On rappelle que le président Kabila est en droit de mandater qui il veut pour finaliser la signature de ce texte. D'autant plus maintenant que la médiation des évêques s'est terminée. Ce nouveau texte serait par ailleurs le résultat des consultations qui ont eu lieu entre les différents signataires avec Joseph Kabila. Joseph Kabila visiblement a décidé de passer à la vitesse supérieure quitte à ignorer le cadre de la médiation mis en place par les évêques et laisser de côté un certain nombre des 32 signataires de l'accord, notamment les poids lourds de l'opposition.