[Reportage] La Centrafrique toujours plongée dans une crise humanitaire

Des déplacés attendant pour la distribution de l'eau dans le camp de Mpoko, près de Bangui, le 26 novembre 2015,
© AFP PHOTO / GIANLUIGI GUERCIA

En Centrafrique, la situation humanitaire est plus qu'inquiétante. Les ONG souffrent de sous-financements, au profit de crises plus urgentes, et aujourd'hui seulement 8% des besoins sont couverts en fonction des projections de l'ONU et des acteurs humanitaires. Les directeurs régionaux des agences onusiennes ont décidé de venir de Dakar pour tirer la sonnette d'alarme.

Hôpital de Paoua, dans le nord de la Centrafrique. Ici, les nombreux patients attendent à l'ombre avant de se faire examiner. C'est le cas de Firmin, qui a dû parcourir 50 km à pieds pour venir se faire dépister du VIH. En plus de la santé, il regrette que les humanitaires ne soient pas présents dans son village : « On a besoin de poste de santé et d'un puits d'eau pour aider les femmes, parce qu'elles prennent l'eau dans le marigot pour en donner aux enfants et ça provoque des maladies. »

C'est pour cette raison que les directeurs régionaux des agences onusiennes pour l'Afrique Centrale sont en Centrafrique cette semaine. Alarmés par le sous-financement des ONG par les bailleurs de fonds, ils sont venus rappeler que, bien que la crise politique soit en partie résolue, la RCA vit toujours une crise humanitaire.

« Je pense que c'est une crise qui a duré dans le temps donc ça devient une crise chronique, et une crise chronique attire moins l'attention que les crises aiguës, explique Allegra Baiocchi, représentante régionale du bureau de coordination humanitaire de l'ONU. Il y a aussi la perception du manque de solutions et la difficulté de travailler avec tous les groupes et les autorités. »

Ces derniers mois, la Centrafrique a connu de nouveaux pics de violences, notamment à l'Est, et compte 100 000 déplacés de plus qu'il y a six mois.