Guinée: les raisons de la colère à Boké, centre de l'exploitation de la bauxite

La Guinée possède les plus grandes réserves au monde de bauxite, un minerai servant à fabriquer l’aluminium. (Usine de bauxite située à Kamsar, au nord de Conakry).
© AFP

La ville de Boké, centre de l'exploitation de la bauxite en Guinée, a connu deux jours de manifestations et d'émeutes les 25 et 26 avril. Barricades, pneus brûlés et caillassages de bâtiments publics, la colère de la population a été déclenchée après la mort d'un moto-taxi renversé par un camion de transport de bauxite. Les émeutes ont fait une autre victime, un jeune homme tué par balle. C'est manifestement la situation sociale et le manque de retombées économiques de l'exploitation de la bauxite qui exaspère la population de Boké.

Ce n'est pas un hasard si c'est l'accident mortel provoqué par un camion de transport de bauxite qui a déclenché deux jours d'émeutes à Boké. Depuis des mois, les populations se plaignent des compagnies minières.

Alors que Boké, ville de plus de 100 000 habitants, connaît de graves pénuries d'électricité et un chômage endémique, les jeunes ne comprennent pas pourquoi leur ville ne bénéficie que très peu des retombées du boom minier.

La région recèle en effet un trésor de 25 milliards de tonnes de bauxite, un tiers des réserves de la planète. Depuis un demi-siècle la CBG exploite plusieurs mines à Kamsar et Sangaredi. Et depuis quelques années deux autres compagnies sont arrivées sur le marché, dont la SMB, la Société minière de Boké aux mains d'un consortium regroupant notamment un géant chinois de l'aluminium et un homme d'affaires, Fadi Wazni, réputé proche du président Condé.

Certes les habitants de la région ont pu trouver de petits emplois, mais souvent sous-qualifiés et sans contrat de travail. Certains se plaignent aussi des conditions salariales imposées par le Chinois.

Autre problème qui inquiète les habitants de la région, la pollution. L'exploitation à grande échelle et le transport de la bauxite dans des camions-bennes non bâchés dispersent la bauxite sur les champs d'anacardiers et dans les cours d'eau, aggravant un peu plus la colère des Guinéens.

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