RDC: les leaders de l’opposition refusent de signer une annexe de l’accord

Le palais du peuple, le Parlement congolais (photo d'illustration).
© RFI/Habibou Bangré

En RDC, quatre mois après l'accord dit du 31 décembre entre majorité et opposition, on attendait toujours la signature d'une annexe à ce premier accord pour organiser concrètement le partage du pouvoir et la gestion de la transition jusqu'aux élections. Désormais, c'est fait. A la demande de Joseph Kabila, cette signature a eu lieu jeudi 27 avril devant le Parlement et le Sénat rassemblés en plénière. Mais à quel prix ? Les principales forces de l'opposition, le Rassemblement et le Front pour le respect de la Constitution, ont refusé de signer parlant d'une mascarade.

Opacité, signature forcée, les qualificatifs de l'opposition étaient nombreux jeudi et peu flatteurs. Et au final l'initiative de Joseph Kabila pourrait se transformer en coup d'épée dans l'eau. Car à part les signataires du 1er accord d'octobre, presque l'ensemble de l'opposition a refusé d'apposer sa signature au texte.

Pourquoi ? Le Rassemblement de l'opposition s'est dit choqué par la méthode. Pourquoi sortir du cadre de la médiation de l'église catholique et passer par les 2 chambres ? Selon eux, le débat doit avoir lieu entre les 32 signataires avec un médiateur sans couleur politique.

Le Front pour le respect de la Constitution emmené par le MLC, de son côté, a jugé le texte à signer trop différent de celui qui avait été proposé par la médiation catholique. Des termes clefs sur la façon de désigner le Premier ministre et le président du Conseil national de suivi de l'accord auraient été modifiés sans garantie sur leur mise en œuvre.

Résultat : pourquoi pas de nouvelles discussions, mais la signature en l'état était impossible selon eux. Le Front pour le respect de la Constitution a demandé une rallonge de temps pour réfléchir.

Se pose donc de nouveau la question de la légitimité de ces arrangements signés en l'absence des poids lourds de l'opposition ? Et comme en octobre, la question de son inclusivité.

Selon Aubin Minaku, président de l'Assemblée nationale également secrétaire général de la majorité, la signature de l'arrangement particulier constitue l'aboutissement des efforts de l'ensemble de la classe politique...
Reportage auprès de membres de la majorité et de l'opposition
28-04-2017 - Par Kamanda Wa Kamanda