Pénurie de carburant au Burundi

Un moto-taxi à Bujumbura (photo d'illustration).
© Esdras Ndikumana / AFP

Au Burundi, une pénurie de carburant frappe actuellement la capitale Bujumbura. Depuis deux jours, les stations-services peinent à satisfaire des foules d’automobilistes qui s’agglutinent par dizaines pour être alimentés en essence. Une situation chaotique qui pèse sur le quotidien des Burundais.

Des rangées de voitures qui klaxonnent à l’entrée d’une station-service. L’image devient courante dans les rues de Bujumbura. Transports en commun ou particuliers, tout le monde fait les frais de cette pénurie de carburant. Dieudonné, assureur et automobiliste, est résigné. « Maintenant je suis devant une station-service, témoigne-t-il. A cause de l'agglomération des personnes qui cherchent le carburant, les pompistes viennent de fermer maintenant. Nous sommes là, nous attendons, on ne sait pas quand on va avoir du carburant. Il y a même un client qui vient de m'appeler, qui voulait une assurance. Malheureusement je suis dans l'impossibilité de le servir. »

Les syndicats de transporteurs s’inquiètent déjà des effets négatifs sur leurs activités. Célestin Nsavyimana est le président du collectif des transporteurs du Burundi, il craint l’apparition d’un marché parallèle. « Si on doit s'aligner deux ou trois heures ou même une journée, vous perdez une journée de travail. Donc c'est un manque à gagner. La contrebande s'amène même d'elle-même. Tous ceux qui ont pu avoir du carburant, peut-être vont le revendre sur le marché noir. Tous ceux qui font du transport de minerais préfèrent acheter de l'essence à un prix deux fois supérieur », explique-t-il.

Un mouvement de la société civile a interpellé les autorités dans une lettre ouverte au sujet de cette pénurie de carburant. Il dénonce la corruption dans le secteur pétrolier.

Comme vous le savez, le Burundi ne produit pas de carburant...
Gabriel Rufyiri, président de l'Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques
29-04-2017 - Par RFI