Afrique du Sud: le Forum économique mondial sur l'Afrique s'ouvre à Durban

Le président sud-africain Jacob Zuma s'adressant au journalistes après son passage au Forum économique mondial pour l'Afrique, à Durban, le 3 mai 2017.
© South African President Jacob Zuma speaks to journalists after a

Mille participants, dont une grande majorité d'entrepreneurs, et 13 chefs d'Etat et de gouvernement africains sont réunis, ce mercredi 3 mai, à Durban, en Afrique du Sud, pour le Forum économique mondial sur l'Afrique. Le «Davos de l'Afrique» s'ouvre sur fond de discussions sur l'avenir et les liens économiques des pays africains.

Le Forum, comme il en a l’habitude, devrait aborder frontalement les défis du continent, ceux posés par la baisse des cours des matières premières qui ont plombé la croissance des locomotives africaines, même si l’on se réjouit de timides éclaircies. Une séance plénière sera consacrée aux Etats fragiles, une autre à la famine, une autre à la croissance inclusive - et l’Afrique du Sud en a besoin - elle compte parmi les pays où les inégalités sont les plus marquées.

Le ministre de l’Economie allemand Wolfgang Shaüble devrait donner demain des détails sur le programme « compact with Africa ». L’Allemagne souhaite que l’Afrique soit une priorité du G20 qu’elle préside cette année. Le Forum fera également la part belle aux start-up qui se sont développées pour devenir des géants, des unicornes. Il soulignera le fort potentiel qu’offre le numérique notamment dans les secteurs de la banque et de la santé.

Ici, on parle plutôt anglais dans les allées. Les patrons d’Afrique francophones sont moins nombreux même si les organisateurs s’efforcent chaque année de rectifier le tir. Ces derniers ne souhaitent pas que le Forum soit le révélateur d’une Afrique à plusieurs vitesses. Il se tient jusqu'à vendredi.


■ Un sommet économique en pleine tempête sud-africaine

Suite à un remaniement controversé il y a plus d'un mois, deux agences de notation ont abaissé la note de l'Afrique du Sud au rang de « junk », c'est-à-dire « à risques ». Et le président Zuma est contesté de toutes parts. Ce sommet intervient donc à un moment particulier pour l'Afrique du Sud. Mais dans la tempête, le gouvernement sud-africain a décidé de ne pas faire l'autruche.

Le limogeage du ministre des Finances, Pravin Gordhan, réputé intègre, est à l'origine de la grogne et de la dégradation de la note économique de l'Afrique du Sud. Son successeur a eu l'occasion de minimiser cet épisode lors des assemblées du printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington fin avril.

Bis repetita devant les médias du monde entier à Durban où Malusi Gigaba enchaîne les interviews. « Même si notre note a été abaissée, notre économie demeure dynamique, nous avons un important programme d'investissement dans les infrastructures sur trois ans, nous avons d'importantes ressources minérales, nous sommes ouverts aux investissements », assure-t-il.

La puissante confédération syndicale Cosatu n’est pas convaincue. Elle a fait huer Jacob Zuma lors d’un rassemblement du 1er-Mai. Le ministre de la Planification, Jeff Radebe, voit là le signe d'une démocratie en bonne santé. « C’est le reflet d'une démocratie qui gagne en maturité, car même notre chef d'Etat peut être chahuté, c'est la liberté d'expression, la liberté d'association », souligne-t-il.

Ces propos selon des observateurs relèvent de la méthode Coué. La banque centrale de son côté a dit redouté mardi un exode massif des investisseurs.