Madagascar: grogne des magistrats après l'affaire Claudine Razaimamonjy

Le Syndicat des magistrats de Madagascar a organisé des sit-in devant les 42 tribunaux du pays pour demander au chef de l'Etat malgache de garantir l'indépendance de la justice.
© RFI/Laëtitia Bezain

A Madagascar, la grogne des magistrats continue après l'affaire Claudine Razaimamonjy. Mercredi 3 mai, le syndicat des magistrats de Madagascar a exigé «une déclaration officielle et publique» du chef de l'Etat malgache sur l'indépendance de la justice dans le pays. Le syndicat dénonce une «violation répétitive et généralisée de la loi à Madagascar», faisant référence notamment à l'affaire Claudine Razaimamonjy. Cette conseillère spéciale du président de la République est notamment accusée de détournement de fonds. Une affaire qui a suscité la polémique après le départ de la femme d'affaires pour l'île Maurice alors que la justice venait de la mettre en détention provisoire.

A la suite de l’affaire Claudine Razaimamonjy, le Syndicat des magistrats de Madagascar a organisé mercredi 3 mai au matin des sit-in devant les 42 tribunaux du pays. Des rassemblements pour exiger du chef de l'Etat qu'ils prennent des mesures pour garantir l'indépendance de la justice.

A 10h, sur le parvis de la Cour suprême d'Antananarivo, près de 80 magistrats s’étaient rassemblés. « Stop à l'impunité », indiquaient leurs banderoles.

Pour faire entendre ses revendications, le syndicat des magistrats a décidé d'adresser une lettre au chef de l'Etat malgache. « Violation répétitive de la loi », « ingérence de l'exécutif dans les affaires de justice », « menaces », « intimidations ». Voilà ce que dénonce le syndicat des magistrats dans sa lettre.

« L’indépendance de la justice a été depuis longtemps bafouée mais le président de la République qui en est le premier garant doit prendre les mesures nécessaires pour la garantie de cette indépendance, explique Fanirisoa Ernaivo, la présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar. Cette affaire Claudine Razaimamonjy est vraiment un exemple parmi tant d’autres, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase parce que le ministre de la Justice lui-même a été instrumentalisé pour faire soustraire une personne placée en garde à vue. On ne peut pas rester indifférent face à des cas pareils », s’indigne la magistrate.

Après une évacuation sanitaire à l'île Maurice, Claudine Razaimamonjy est rentrée à Madagascar la semaine dernière. Elle se trouve actuellement au service de neurochirurgie de l'hôpital HJRA de la capitale malgache.