RCA: HRW alerte sur les victimes civiles des groupes armés dans l'est du pays

Des soldats de l'ex-Séléka en patrouille, près de Bambari, en mai dernier. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

En Centrafrique, l'Est est toujours un champ de bataille entre groupes armés rivaux, issus de l'ex-Seleka. UPC d'un côté, face au FPRC et ses alliés antibalakas de l'autre. Les combats se sont déplacés de la Ouaka, la région de Bambari, vers le Mbomou autour de Bakouma plus à l'est. Mais la Ouaka n'est pas exempte de violences pour autant. S'il n'y a plus vraiment de batailles frontales dans cette zone entre l'UPC et le FPRC, les groupes armés s'en prennent aux communautés dont sont issus les groupes adverses.

L'ONG Human Rights Watch a documenté plus de 40 morts dans des meurtres ou attaques de villages reculés en République centrafricaine. Un chiffre de leur propre aveu probablement très en deçà de la réalité. Des exactions qui ont provoqué en tout cas le déplacement de 11 000 personnes depuis la fin février.

« Nous avons constaté des violences, particulièrement le cycle de représailles qui continue dans la Ouaka, et qui a augmenté depuis le mois de février. Il y a deux côtés. Des ex-Seleka côté UPC et la soi-disant coalition entre le FPRC et les anti-balaka », explique Lewis Mudge chercheur à Human Rights Watch.

Les affrontements entre ces deux groupes inquiètent l’ONG d’autant plus que les civils sont de plus en plus victimes de ces attaques, souligne Lewis Mudge. Notamment « des civils peuls qui se trouvent dans la Ouaka et qui sont en train de faire la transhumance avec leurs bœufs ».

Mais les autres populations civiles ne sont pas épargnées, rappelle-t-il : « Nous avons documenté le cas où les UPC ont ciblé les civils non peuls. Et nous avons constaté 18 morts dont, 10 enfants dans un village qui s’appelle Yassine, sur l’axe entre Bambari et Ippy ».