Burkina Faso: nouveau report du procès de Compaoré et de ses ministres

L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui vit exilé en Côté d’Ivoire.
© AFP/Issouf Sanogo

Après le contretemps de la semaine dernière et le renvoi dès son ouverture, les ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré au Burkina Faso sont donc de nouveau devant la Haute Cour de justice. Ils sont tous poursuivis pour « complicité d'homicide volontaire et blessures volontaires » dans la répression par l'armée de l'insurrection populaire, en octobre 2014, qui avait conduit à la chute du régime. L'ancien président est d'ailleurs poursuivi lui aussi, en tant qu'ancien ministre de la Défense, mais il n'est pas là, il vit en exil à Abidjan.

L’avocat de Blaise Compaoré, maître Olivier Sur, n’a pas été autorisé à assister son client devant la Haute Cour de justice. En l’absence du principal accusé, il n’est pas possible à son avocat de plaider sa cause devant cette juridiction, selon la loi, a expliqué le procureur général.

« Le prévenu qui ne comparaît pas ne peut pas se faire assister », a fait savoir le président de cette cour. C’est ainsi que maître Olivier Sur a retiré sa robe et s’est installé sur un siège dans le public pour assister au procès en tant qu’observateur.

Sur l’absence même de Blaise Compaoré, le président de la Haute Cour de justice a demandé si l’intéressé avait reçu l’ordre d’envoi : « Suite à des recherches infructueuses, nous n’avons pas pu remettre le document à monsieur Blaise Compaoré », a alors répondu le procureur général. Une déclaration rejetée plus tard par maître Olivier Sur qui soutient que toutes les adresses de Blaise Compaoré sont connues de tous et que le procureur doit même transmettre le document par voie diplomatique en Côte d’Ivoire.

Même s'il devait y avoir une condamnation lourde, même s'il devait y avoir un mandat d'arrêt international de délivré, ce serait en exécution d'une procédure absolument nulle...
Maître Sur, avocat de Blaise Compaoré
05-05-2017 - Par Bineta Diagne

Par ailleurs, les avocats ont remis en cause la composition de la Haute Cour de justice, ils ont rejeté la présence d’un juge qui ne relève pas de l’ordre judiciaire, mais administratif. Une exception rejetée par cette cour.

Après de chaudes discussions entre le procureur général et les avocats sur les exceptions, le procès a été suspendu. Finalement, les avocats de la défense ont obtenu un nouveau report du procès pour le 8 mai afin de permettre à certains avocats commis d’office de mieux préparer la défense de leurs clients. Ce deuxième report du procès du dernier gouvernement de Luc Adolphe Tiao n’est pas du goût de certains parents de victimes et blessés de l’insurrection d’octobre 2014.